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Waiting for Europe

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En attendant l’Europe

9 March 2026

Forum économique mondial de Davos, 22 janvier 2026 : les représentants de vingt pays signent la Charte constitutive du Conseil de la Paix (Board of Peace) aux côtés de son créateur et omnipotent président, Donald Trump. Image stupéfiante : deux des pays fondateurs sont membres de l’Union européenne (Bulgarie et Hongrie), deux sont candidats à l’adhésion à l’Union européenne (Turquie, Albanie), mais sans représentant à Davos, un autre potentiellement candidat (Kosovo) et quatre sont bénéficiaires de la politique de voisinage de l’Union (Arménie, Azerbaïdjan, Jordanie et Maroc).

C’est dire que sur vingt membres fondateurs, neuf sont étroitement liés à l’UE. On attendait l’Europe avec une parole forte, on eut l’auto-proclamation égotique de Donald Trump en héraut d’une organisation qui cherche à lancer un nouvel ordre international, concurrent de celui que l’Union porte depuis sa création.

Les illusions perdues dans le voisinage Est

Six ans plus tard, les troupes russes entraient en Géorgie pour voler au secours de l’Ossétie du Sud que le président Saakachvili avait imprudemment tenté de reconquérir. On attendait l’Europe, on n’eut que les bons offices de Nicolas Sarkozy pour la présidence française de l’Union. Certes, les troupes russes se retirèrent de Géorgie à la suite du cessez-le-feu, mais pas de l’Ossétie du Sud dont Moscou reconnut alors l’indépendance. L’initiative malheureuse de Saakachvili avait offert une opportunité à la Russie pour soutenir son ‘étranger proche’ et secourir ses russophones. C’était la première intervention de l’armée russe hors des frontières de la Fédération de Russie en Europe depuis la dissolution de l’URSS. La réaction de l’Europe fut pourtant limitée, exposant sa pusillanimité et ses divergences.

De la Géorgie à l’Ukraine, l’Union étala plus encore ses faiblesses après que la Russie eut annexé la Crimée et soutenu ses affidés dans le Donbass. Encore, l’Europe ne fut pas au rendez-vous de cette grave atteinte au droit international par l’agression d’un État souverain aux frontières reconnues. Les sanctions n’ont pas été à la hauteur des violations et des enjeux. On attendait l’Europe avec une réaction forte, on eut les accords boiteux de Minsk 1 puis 2, jamais vraiment appliqués. L’Agenda 2000 de la Commission européenne – préparatoire au 5e élargissement – avait pourtant recommandé de ‘conduire les relations avec les (nouveaux) voisins de l’Est avec prudence après l’élargissement’. L’accord d’association et de libre-échange complet et approfondi avec l’Ukraine de 2013 était bien éloigné de cette prudence. On ne peut lancer de politiques audacieuses si l’on n’a ni la volonté ni les moyens de les faire respecter.