Une fusillade mortelle secoue le quartier des Moulins à Nice
Le quartier des Moulins panse ses plaies après une nouvelle fusillade mortelle ayant coûté la vie à deux pères de famille en plein jour. Cette tragédie ravive le débat sur l’envoi de militaires dans les cités niçoises pour endiguer la violence des narcotrafiquants.
Onze décès en deux ans. À l’Ouest de Nice, le quartier des Moulins est en proie au fléau du trafic de drogues. Lundi 11 mai, un tireur s’est avancé en trottinette sur la place des Amaryllis, qui abrite quelques commerces, avant d’ouvrir le feu en direction d’un groupe rassemblé devant un café et la boutique le “Palais sucré”.
Deux personnes sont mortes, deux pères de famille de 57 ans et 39 ans, et six autres ont été blessées. Un tragique événement que les autorités relient à la guerre des stupéfiants. Seuls trois individus étaient défavorablement connus de la justice.
Une présence policière permanente pour sécuriser la place des Amaryllis

Le maire Éric Ciotti (UDR), qui s’est rendu sur les lieux mardi, a promis qu’un local appartenant au bailleur Côte d’Azur Habitat deviendrait, dès la semaine prochaine, un poste de police municipale permanent.
Anthony Borré (Horizons), ancien premier adjoint du temps de Christian Estrosi, a lui aussi pris la parole. « La situation est d’une extrême gravité. Elle impose des moyens exceptionnels. Il faut immédiatement renforcer les effectifs d’enquêteurs et les forces de terrain de la police nationale », affirme-t-il.
Mais s’il assure que les agents « n’ont jamais abandonné » ce coin de la ville, il appelle à aller plus loin.
« Face des enfants confinés, des assassinats en plein jour, il faut envisager le déploiement de l’armée via Sentinelle, sous l’autorité de la police nationale. »
Un serpent de mer, qui revient très souvent. En avril 2023, déjà, Anthony Borré avait proposé cette mesure. Christian Estrosi en parlait également en juillet 2024. Mais cette demande est-elle réellement crédible?
« L’armée n’est plus chargée de ces missions depuis plus d’un siècle et nous disposons d’unités spécialisées parfaitement formées pour cela », rétorquait dans nos colonnes Laurent Hottiaux, le préfet des Alpes-Maritimes, en décembre 2025.
« Je le dis aussi par soutien à nos policiers nationaux. Mettre en doute leur capacité à tenir le terrain est une forme de méconnaissance, voire de défiance, que je ne partage pas. »
Est-elle pour autant définitivement enterrée? En septembre 2023, un sondage sur la question montrait que les Français étaient majoritairement favorables à l’utilisation des troupes pour lutter contre les trafiquants. Ils étaient 67 % à souhaiter son intervention. Le tiers restant estimant que ce ne serait pas pertinent dans ce contexte.





