Troisième génération de producteurs de chasselas et dernier de sa lignée, Claude Gauthier vient de poser ses sécateurs. En 46 ans de culture et 14 ans à la tête du syndicat de défense du chasselas de Moissac (Tarn-et-Garonne), il a vu sa filière perdre 80 % de ses producteurs. Un déclin qu'il explique sans amertume.
Claude Gauthier pose ses sécateurs et quitte la présidence du syndicat de défense du chasselas de Moissac (Tarn-et-Garonne). Troisième génération de viticulteurs, il est aussi le dernier. Après 46 ans de culture du raisin, dont 20 ans auprès du syndicat, le Moissagais revient sur l'évolution de l'un des fruits phares du département en 14 ans de présidence à la tête du syndicat.
L'âge d'or du chasselas
“À l'époque, il y avait beaucoup plus de producteurs”, affirme Claude Gauthier. Lors des années 70 et 80, les producteurs de chasselas dans la zone de Moissac s'élevaient à 600, voire 700 personnes, selon le viticulteur. La production s'approchait alors des 9 000 tonnes par an. C'est dans cette période, en 1971, que la variété chasselas obtient l'appellation d'origine contrôlée (AOC). En 1996, le chasselas passe un cap en décrochant l'appellation d'origine protégée (AOP).
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Le déclin de la production
“Depuis quelques années, on a remarqué une forte diminution de la production du raisin”, constate l'ancien président. Désormais, dans la même zone, les producteurs de chasselas sont au nombre de 150. La production du raisin en est impactée : “Aujourd'hui, la production se limite à 1 500 tonnes”, ajoute Claude Gauthier. L'exportation des raisins, autrefois exportée en petite quantité vers la Suisse, la Belgique ou encore les Pays-Bas, est désormais distribuée “à 99 % en France”.
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Cette baisse de production est liée, selon le viticulteur, à “une charge de travail trop importante”. Une seconde raison est évoquée : l'importation de raisins de table étrangers de plus en plus fréquente. Des fruits attractifs pour la clientèle, d'après l'ancien président du syndicat de défense du chasselas de Moissac.
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Une concurrence puissante
“Le consommateur va vers la nouveauté, ce que proposent l'Espagne et l'Italie va dans ce sens”, explique-t-il. Les nouvelles variétés de raisins sont plus grosses, proposées souvent sans pépins. “Le chasselas de Moissac reste cher, dans cette période, c'est normal d'être moins attractif”, souligne le viticulteur.
Malgré cela, l'ancien président du syndicat ne perd pas espoir en la pérennité du chasselas de Moissac. “Ça reviendra, il y aura toujours du travail. Il sera plus spécialisé dans un type de production, mais on en aura toujours besoin”, conclut-il.





