With 130 million euros in ticket sales, Celine Dion inspires senators to request a reform of cultural funding.

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    Les concerts de Céline Dion vont générer 130 millions d’euros de billetterie, soit 4,5 millions d’euros de taxes.

    • Les concerts de Céline Dion vont générer 130 millions d’euros de billetterie, soit 4,5 millions d’euros de taxes.
    • Mais en raison d’un système de redistribution automatique des taxes, le Centre national de la musique ne bénéficiera pas de l’ensemble de ces recettes.
    • Les sénateurs socialistes appellent à une réforme du fonctionnement du CNM pour favoriser l’aide à la création dans le secteur musical.

    La venue de Céline Dion à Paris à l’automne est une bonne nouvelle pour les fans, un peu moins pour le financement de la musique. La sénatrice socialiste Karine Daniel a interpellé mercredi la ministre de la Culture sur le système “absurde” de financement du secteur via le Centre national de la musique (CNM), bien illustré selon elle par le phénomène autour des concerts de la superstar québécoise.

    Les 16 concerts prévus à l’automne vont générer 130 millions d’euros de billetterie, soit 4,5 millions d’euros de taxes qui seront perçues par le CNM, qui dépend de l’État et dont le rôle est de soutenir les professionnels de la musique. Au total, le CNM prévoit 75 millions d’euros de recettes de taxes cette année. Problème : ces recettes sont aujourd’hui plafonnées à 58 millions d’euros, et tout ce qui se trouve au-dessus de ce seuil est capté par l’État.

    Plus de recettes, mais des dépenses qui augmentent

    En plus de cela, le CNM fonctionne sur un système de redistribution automatique des taxes perçues : 60% sont reversés aux producteurs du monde de la musique sous forme de droit de tirage, et le reste est alloué aux aides à la création, à l’émergence, aux festivals. Devant le Sénat mercredi, la sénatrice Karine Daniel a toutefois rappelé que “l’aide à reverser aux producteurs est exigible même si le plafond est explosé”.

    Concrètement, cela signifie que même si le CNM ne percevra pas le surplus des taxes générées par la vente des billets de Céline Dion, il devra tout de même reverser une partie de ce montant aux producteurs du secteur, ce qui va donc faire augmenter les dépenses du CNM. “Le droit de tirage d’environ 10 millions d’euros à verser par le CNM viendra amputer les aides aux festivals, à l’émergence”, a alerté la sénatrice, qui a également profité de ce début de la saison des festivals pour rappeler que “50% des festivals qui font le plein sont déficitaires”.

    La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a par la suite répondu à la sénatrice. Si elle a reconnu que ce système de redistribution automatique des recettes “a bien sûr un impact sur les dépenses de l’établissement”, elle a toutefois estimé que celui-ci reste “largement soutenable”. Elle a notamment rappelé que le CNM disposerait cette année de “100 millions d’euros de moyens alloués”, répartis entre les recettes de taxe et les subventions.

    La ministre a toutefois reconnu qu’il fallait “retravailler, c’est certain, sur un meilleur usage de ces deux recettes indispensables”, assurant qu’elle “s’y emploierait” sans pour autant évoquer la proposition de la sénatrice de déplafonner les recettes de taxes du CNM.

    Une réponse qui n’a pas dupé la sénatrice socialiste : “Aujourd’hui, vous devez vous mobiliser. On doit soutenir l’émergence”, a-t-elle déclaré. Citant des titres bien connus de la star québécoise, elle a conclu : “On doit plutôt entendre pour les acteurs ‘Rendez-vous dans un autre monde’ plutôt que ‘On ne change pas’. On sera à vos côtés si vous voulez réformer”.

    Laurene ROCHETEAU