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REPORTAGE. "On n'a rien eu de personne jusqu'à maintenant" : au Liban, des sinistrés comptent sur l'aide du He

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Si le Hezbollah revendiquait avoir aidé plus de 200 000 familles lors du dernier conflit en 2024, cette fois les ressources du parti chiite semblent plus limitées. À Beyrouth, en attendant, des familles vivent sous tente et dénoncent l’inaction de l’État libanais.


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REPORTAGE. "On n'a rien eu de personne jusqu'à maintenant" : au Liban, des sinistrés comptent sur l'aide du He

Ahmad et sa famille n’ont reçu ni aide du gouvernement, ni aide du Hezbollah depuis le début de cette guerre. (FARIDA NOUAR / GILLES GALLINARO / RADIO FRANCE)

Sous des tentes, dans des gymnases : au Liban, des milliers de familles vivent dans des conditions précaires après les destructions de la guerre, notamment à Beyrouth où se réfugient des déplacés du sud qui ont fui les bombardements. Beaucoup espèrent un soutien rapide, notamment du Hezbollah, qui avait déjà pris en charge une partie des sinistrés lors des précédents conflits. Mais cette fois, la situation est différente car, avec la guerre au Moyen-Orient, les ressources du parti chiite semblent plus limitées.

“Le principal problème, c’est l’argent. Il n’y a pas de travail pour que tu puisses louer, regrette Ahmad, sous tente depuis le dernier conflit de 2024, lorsque tout a été détruit dans son village. Il y a une partie des Libanais dans ce pays qui me rejettent parce que je suis chiite. Ils disent que je suis un voyou, ou du Hezbollah.” Face aux besoin de ces réfugiés, la colère vise directement l’État libanais. “Les médias disent que le gouvernement donne des aides, mais ce n’est pas vrai. Il ne nous donne même pas une bouteille d’eau”, poursuit Ahmad.

Il y a deux ans, après les destructions dues à la guerre des 66 jours, le Hezbollah s’était engouffré dans la brèche laissée par un État défaillant à coups de millions de dollars. “C’est vrai, le Hezbollah nous a soutenus. Il nous a donné entre 300 et 400 dollars par mois pendant un an”, se souvient Ahmad. Reconstruction, aide aux déplacés : le parti chiite revendiquait à l’époque 77 millions de dollars versés à plus de 230 000 familles.

“Notre gouvernement, c’est le Hezbollah, pas le gouvernement libanais !”

Un réfugié à Beyrouth

à franceinfo

Mais cette fois, rien ne vient. “Non, rien du tout”, souffle Fatima, dont la maison a été détruite lors des frappes mercredi dernier. “On n’a rien eu de personne jusqu’à maintenant, mais bien sûr qu’on le souhaite ! Le Hezbollah aide tout le monde, mais pour l’instant, je n’ai rien reçu.” Il est encore trop tôt, peut-être, mais il y a surtout le manque de ressources. L’Iran, principal financeur du parti, est en guerre. Les pays arabes refusent en grande partie d’aider le mouvement. Officiellement, pas question de parler de difficultés.

Le député du Hezbollah Hussein Hajj Hassan assure que la population sera aidée. “Tout d’abord, il faut arriver à un cessez-le-feu définitif. Après la guerre, le Hezbollah va faire tout ce qui est possible pour aider la population. Le Hezbollah, comme dans les guerres d’avant, a fait son devoir. Si jamais l’État n’achève pas complètement sa tâche, il faut que nous fassions notre tâche, non ?” Mais pour les familles déplacées, l’urgence est immédiate.

Reportage à Beyrouth de Farida Nouar et Gilles Gallinaro