From the Comédie

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    Séphora Pondi, en mars 2025, à Paris. JF PAGA

    Pour aller plus loin

    Elle a un magnétisme dingue, un je-ne-sais-quoi qui fait qu’on a envie de l’écouter jusqu’au bout de la nuit, elle s’impose et déborde, avec un enthousiasme et une joie irrésistibles. Ainsi l’impériale Séphora Pondi a-t-elle conquis la Comédie-Française en 2021, 30 ans à peine. Elle s’y spécialise dans les personnages insoumis Kent dans “le Roi Lear”, Margaret Hamilton, la sorcière du “Magicien d’Oz”, dans “Culottées”, et, surtout, la Médée d’Euripide, dans la mise en scène de la Belge Lisaboa Houbrechts. Médée, une figure qui hante Pondi depuis qu’elle l’a découverte dans ses années lycée. “Tout me plaît chez elle, la démesure, le fait qu’elle soit étrangère, l’amour fou et la transgression ultime”, s’emballe-t-elle. Aujourd’hui, Séphora Pondi, nommée aux Molières 2026, se frotte même à la mise en scène avec “Bestioles”, d’après l’Australien Lachlan Philpott.

    Pourtant, la jeune femme a grandi loin des lieux de la “haute” culture. Née en 1992 à Gennevilliers de parents d’origine camerounaise professeurs en lycée professionnel, elle est baladée au gré de leurs mutations dans différentes banlieues parisiennes. Son point d’ancrage: les bibliothèques municipales.