Incapable de contrarier le moindre ballon en conquête et dépourvue d’impact en troisième ligne comme au milieu du terrain, la défense des Bleus a encore subi face à l’Angleterre, d’un point de vue physique autant que stratégique. Un “effet domino” infernal qui aurait pu leur coûter très cher. Comment expliquer ces sept essais concédés et cette nouvelle faillite de la défense du XV de France, pourtant encensée par Fabien Galthié après la victoire de la 3e journée contre l’Italie (33-8)? D’abord par des raisons pragmatiques, à commencer par l’incapacité de la conquête bleue, qu’il s’agisse de la mêlée comme de la touche, à priver son adversaire de ballon ou ne serait-ce qu’à les gêner un peu.
Un postulat duquel découle un effet domino imparable puisque, forts de ballons de qualité, Ecossais comme Anglais ont pu lancer leur jeu dans des conditions idoines, et viser les zones qu’ils avaient identifié comme faibles. À ce titre, nul besoin d’être un grand connaisseur de ce jeu pour constater que c’est bien le milieu de terrain des Bleus, “fragilisé” par la volonté de décaler Matthieu Jalibert en 13, qui a été clairement ciblé. Les Anglais, comme les Ecossais, ayant eu le mérite de parfaitement exploiter les particularités de l’organisation bleue (notamment le placement de l’ailier côté fermé dans la ligne de défense) tout en jouant habilement sur les lacunes actuelles en termes d’agressivité sur l’homme des centres français (5 plaquages manqués par la paire de centres bleus au total), ainsi que leurs difficultés à se répartir les tâches de chaque côté du terrain, laissant trop souvent leurs avants seuls en bout de ligne.
Cela a obligé le “libéro” Antoine Dupont à se multiplier partout au point de ne jamais finalement être nulle part, tant ses partenaires ont semblé dépassés par la vitesse des mouvements anglais, malgré un nombre de plaquages manqués dans les standards théoriques du haut niveau.
Le hic? Il est que l’immense majorité de ces interventions ont été subies et que, faute d’un premier plaquage dominant au milieu du terrain, les Bleus ont systématiquement permis à leurs adversaires de jouer dans l’avancée. Le fameux “momentum” que les Bleus ne sont jamais parvenus à annihiler, essentiellement en raison des difficultés rencontrées par les avants bleus à circuler sur cette fin de compétition. Sur les deux derniers matchs, on a trop rarement réussi à arrêter le momentum.
Voilà comment, dès qu’ils ont été privés de ballons, les Tricolores ont connu d’énormes difficultés à inverser la pression, incapables d’exécuter des plaquages dominants et donc de ralentir les sorties de balles dans les rucks, créant un cercle vicieux où l’absence de Jelonch a manifestement pesé lourd.
Logiquement, Spencer sert directement Chessum dans l’espace libre, qui n’a plus qu’à fixer facilement Antoine Dupont (trop retardé, pour avoir voulu être partout à la fois) et donner à l’intérieur à Coles pour un essai trop facile, grâce à la bonne stratégie anglaise autant qu’à la faiblesse du premier plaquage des Bleus, et à la mauvaise circulation de leurs avants.






