Cuba a évoqué ce lundi 20 avril de “récents” pourparlers à La Havane avec des responsables américains, dans un contexte de fortes tensions entre l’île communiste et les États-Unis. “Une rencontre entre les délégations cubaine et américaine s’est tenue récemment ici à Cuba”, a déclaré au quotidien d’État Granma Alejandro Garcia, haut responsable du ministère des Affaires étrangères.
La dernière fois que des représentants du département d’État ont posé le pied à La Havane, c’était en novembre 2022. À l’époque, le site indépendant cubain 14ymedio avait salué “une ébauche de dégel” entre les deux pays. Cette fois, la situation est bien différente, remarque Simon Fagour, doctorant en histoire contemporaine à l’université Sorbonne-Nouvelle. “Aujourd’hui, les dirigeants cubains semblent relativement contraints de s’asseoir à la table des négociations”, estime-t-il.
Selon le site d’information Axios qui a révélé cette visite, la délégation aurait exigé l’indemnisation des résidents et des entreprises états-uniennes dont les biens ont été confisqués après la révolution de 1959, la libération des prisonniers politiques et la démocratisation du pays avec, à terme, des élections libres.
Se pose aussi la question de l’avenir du président Miguel Diaz-Canel, que même des membres de la famille Castro ont critiqué ces dernières semaines. “Aujourd’hui, il est très difficile de savoir si, en interne, sa posture est très largement fragilisée ou si cela relève d’une certaine forme de propagande des médias d’opposition depuis les États-Unis”, souligne toutefois Simon Fagour.
Washington a donné jusqu’à vendredi à La Havane pour libérer plusieurs prisonniers politiques de premier plan, en signe de bonne foi, sans que l’on sache ce qu’elle fera si Cuba ne donne pas suite.
À lire aussi: Cuba: manifestation devant l’ambassade américaine pour réclamer la fin de l’embargo





