36 milliards d’euros supplémentaires pour la Défense d’ici 2030
Par Sebastien Lucot, Publié le
36 milliards d’euros supplémentaires d’ici 2030. C’est ce que viennent d’adopter, à la suite d’un vote solennel ce mardi 19 mai 2026 dans l’après-midi, les députés à l’Assemblée nationale en actualisant la loi de programmation militaire. Une rallonge portant cette dernière à 449 milliards d’euros.
Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient, et par le “choix” de l’exécutif de garantir la souveraineté française dans le secteur de la Défense, Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, a assuré lors de son déplacement du 19 mai 2026 dans le Cotentin vouloir “transformer cet effort financier en capacités de production concrètes”.
Des banques moins frileuses
Produire davantage de sous-marins, de frégates, de systèmes critiques ou d’équipements militaires suppose des usines capables de monter en cadence, des chaînes d’approvisionnement robustes, des sous-traitants solides et des compétences disponibles.
La base industrielle et technologique de défense française représente aujourd’hui environ 220 000 emplois, réunis au sein de neuf grands groupes et de plus de 4 500 petites et moyennes entreprises (PME) et entreprises de taille intermédiaire (ETI). Celle qui regroupe l’ensemble des entreprises de Défense et contribue à concevoir et produire les équipements pour les armées pesait plus de 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel en 2025.
Les grands groupes disposent bien souvent de la trésorerie nécessaire pour assurer les investissements en réponse au contexte de guerre actuel et à la tension que rencontre l’écosystème industriel de la Défense. Ce qui n’est pas toujours le cas des plus petites entreprises.
Le ruissellement de cette économie à toute la chaîne de sous-traitance a été l’un des messages portés par l’homme politique, qui a longtemps dénoncé le manque de volonté du gouvernement de dialoguer et de prendre en compte l’échelon local.
“Un pilier de notre souveraineté”
Les crédits accordés par les six plus grandes banques françaises aux entreprises de la Défense ont atteint plus de 46 milliards d’euros fin 2025, soit une augmentation de 26 % sur un an.
Pendant longtemps, l’industrie de Défense était regardée avec prudence par une partie du monde financier. Aujourd’hui, elle est reconnue pour ce qu’elle est : un pilier de notre souveraineté et de notre sécurité collective.
Pour répondre concrètement aux besoins de la sous-traitance, le ministre a également évoqué le Fonds Normandie Défense, l’un des premiers fonds régionaux à être opérationnel et doté d’une première tranche de financement de 5 millions d’euros.
Une sous-traitance indispensable pour Naval Group
Au-delà de son site de Cherbourg, qui compte 3 500 collaborateurs dédiés à la conception et à la construction de sous-marins, Naval Group dispose en Normandie d’un réseau de plus de 230 entreprises fournisseurs. Parmi elles, 64% sont des PME, soit environ 150 PME, indique l’industriel, qui a aussi remporté ce 19 mai 2026, auprès de la Suède, la commande de quatre frégates de défense et d’intervention, dont la construction sera assurée par Naval Group sur son site de Lorient. Sur le programme Barracuda et ses six sous-marins nucléaires d’attaque (SNA), dont le quatrième de série, le De Grasse, a été mis à l’eau en février 2026, 800 entreprises ont été impliquées au total, toutes régions confondues. Du côté du programme des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de 3e génération (SNLE 3G), plus de 500 partenaires apportent actuellement leur contribution. “Autrement dit, derrière chaque sous-mar…
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