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Les archéologues se sont trompés pendant 30 ans : la fonction inavouable de ce vestige romain de 17 cm enfin prouvée par la technologie

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Pendant plus de trente ans, il a sagement reposé dans les archives d'un musée britannique, catalogué comme un banal ustensile du quotidien. Exhumé près du mythique mur d'Hadrien, ce bout de bois sculpté était censé prouver que les soldats romains aimaient se faire de bons petits plats ou repriser leurs chaussettes. Mais la science moderne vient de rattraper la pudeur des archéologues des années 90. En passant l'objet aux rayons X, les chercheurs ont découvert que son utilisation impliquait des frottements bien différents de ceux d'un pilon dans un mortier.

L'erreur de casting d'un vestige très spécial

L'histoire commence en 1992, lors de fouilles menées dans les fossés du fort romain de Vindolanda, à la frontière entre l'Angleterre et l'Écosse. Grâce à des conditions de conservation exceptionnelles, les archéologues y découvrent des objets en bois et en cuir intacts. Parmi des chaussures usagées et des chutes d'artisanat, ils extraient un objet en bois de 17 centimètres de long.

Sa forme phallique est évidente. Pourtant, à l'époque, les scientifiques ne s'en émeuvent pas. Dans la Rome antique, le pénis est un symbole omniprésent, sculpté sur les portes et les fenêtres pour porter chance et conjurer le mauvais œil. Face à cet objet, les archéologues privilégient donc des hypothèses très « sages » : il s'agirait d'un pilon pour broyer des ingrédients en cuisine, ou d'un outil utilisé pour réparer les vêtements.

Quand la 3D trahit les habitudes intimes de l'Antiquité

Trente ans plus tard, une équipe a décidé de rouvrir le dossier et de soumettre la relique à des scans 3D de très haute précision. Les résultats, récemment publiés dans la revue Antiquity, ont fait voler en éclats la théorie de l'ustensile de cuisine.

L'analyse de la surface a révélé une usure prononcée et une texture extrêmement lisse aux deux extrémités de l'objet. En clair : cet objet n'a pas été usé en tapant contre la pierre rugueuse d'un mortier, mais par un contact répété avec des tissus beaucoup plus doux. La conclusion de Robert Collins, l'auteur principal de l'étude, est sans appel : il s'agirait tout simplement d'un jouet sexuel. Cette redécouverte est historique, puisqu'elle constitue le tout premier gode romain grandeur nature jamais identifié en archéologie.

Les archéologues se sont trompés pendant 30 ans : la fonction inavouable de ce vestige romain de 17 cm enfin prouvée par la technologie
Crédit : Vindolanda Trust

Le double visage de cet « instrument »

Si cette trouvaille nous rapproche de l'intimité des habitants de l'Empire romain, les historiens soulèvent tout de même une dernière hypothèse beaucoup plus sombre.

Si l'utilisation d'accessoires sexuels pour le plaisir était monnaie courante chez les Romains et les Grecs, les textes antiques nous rappellent que ces objets n'étaient pas toujours consentis. Dans certains contextes, ces artefacts en bois sculpté étaient utilisés comme de redoutables instruments de torture ou de punition. Un détail glaçant qui vient nuancer cette découverte archéologique hors norme.

Les détails de l'étude sont publiés dans la revue Antiquity.