On retrouve la même équipe, dont les traits sont reconnaissables entre mille.
Retour à Hawkins, mais cette fois en animation, avec Chroniques de 1985, une série dérivée sympathique, mais trop anecdotique pour vraiment captiver.
23.04.2026, 18:59 – 23.04.2026, 18:59
Sainath Bovay
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Si le portail vers le monde à l’envers s’est scellé pour de bon, Netflix a trouvé un moyen de le rouvrir en explorant le passé de nos personnages bien-aimés. C’est donc durant un “entre-deux saisons” que se déroule cette nouvelle série dérivée, au doux nom de Stranger Things: Chroniques de 1985, afin de nous raconter la petite histoire en parallèle de la grande.
L’univers étendu de Stranger Things n’est pas nouveau, puisque depuis le succès planétaire de la série née en 2015, le hit de Netflix s’est vu décliné en bandes dessinées, en romans, et même sur les planches, car une pièce de théâtre acclamée se joue à Londres et à Broadway.
Puisqu’il ne faut pas changer une formule qui gagne, ces Chroniques capitalisent sur les codes qui ont fait le succès de la série. On retrouve évidemment la bande originale au synthé de Kyle Dixon et Michael Stein, et une compilation de tubes des années 80. La série se distingue de son aînée par son style graphique affirmé qui reprend la patte visuelle mêlant animation 3D et illustration, popularisée notamment par Spider-Man et Arcane, sans jamais atteindre leur niveau.
Bis repetita
L’intrigue se déroule entre la deuxième saison, qui se termine en novembre 1984, et la troisième, qui prend place durant l’été 1985. Pour se situer dans la chronologie, Onze a refermé le portail, Will est enfin libéré du Flagelleur mental, et Max a rejoint la bande. Le deuxième chapitre se terminait sur le bal d’hiver de l’école, où Mike et Onze se découvraient une idylle. Quant au volume 3, celui-ci s’ouvrait sur l’inauguration du centre commercial Starcourt, principal décor de la saison. Des références que la série animée ne manquera pas de rappeler.
Le Démogorgon est cette fois une plante monstrueuse.
Si on pouvait espérer quelques longs mois de calme dans cette ville de l’État d’Indiana, il va falloir se raviser. Un Démogorgon de type végétal va donner du fil à retordre à nos jeunes héros. On retrouve évidemment les couloirs du lycée, la forêt et autres champs de citrouilles, des plans à foison pour piéger la créature et une bonne dose de pouvoirs télépathiques.
On se relance donc volontiers dans la partie, même si on aurait préféré quelque chose de plus ambitieux, le style cartoon lorgne parfois un peu trop vers l’enfantin, alors que la série d’origine réussissait très bien à marier des thématiques adolescentes dans un univers résolument sombre.
L’animation atteint tout de même de belles performances visuelles, notamment dans les scènes d’action, avec un dynamisme et des couleurs néon du plus bel effet, rappelant le graphisme retrowave.
Un “Happy Meal”
Bien que courts, les épisodes apportent de nouvelles dynamiques, comme l’approfondissement de la relation entre Max et Lucas, ou l’apparition de Nikki, une adolescente charismatique et marginale au style punk, rappelant la fraîcheur d’Eddie, l’un des personnages favoris des fans.
Nikki, le nouveau personnage cool et inédit de la mythologie Stranger Things.
Au final, ces Chroniques de 1985 ne cherchent pas à révolutionner l’univers ni à se présenter comme une série parallèle du même acabit. Elles restent un produit dérivé rafraîchissant, qu’on aurait préféré un peu plus mature et audacieux. À l’image du fast-food, cette série animée remplit son rôle d’amuse-bouche plaisant. Dommage pour la frustration, car une fois avalée, elle se fait vite oublier, sans tomber dans la malbouffe pour autant.



