“La sexualité était un mot à la fois exotique et tabou”
Le premier client est un père célibataire de 40 ans. Il ne fréquente pas régulièrement des travailleuses du sexe, c’est plus pour lui des moments singuliers de plaisir et de partage : “Nous avons dansé dans la salle de bain et puis gentiment, on a valsé jusqu’au lit.” Il ne fait aucune différence entre un rapport sexuel qu’il paye et un rapport qu’il ne paye pas, pour lui ce qui compte c’est la sincérité. Il raconte sa première rencontre avec Mia : “Il y avait une espèce d’excitation sur le fait qu’on ne se connaissait pas, c’est comme se jeter dans le vide.“
Il parle aisément du fait qu’il fréquente des travailleuses du sexe à ses amis mais pas aux membres de sa famille : “Je n’en parle pas à mes frères, je ne suis pas sûr qu’ils valident l’idée que je paye pour ça.” Il ignore tout du cadre légal qui encadre la pratique des travailleuses du sexe, Mia rappelle la loi du 13 avril 2016 : “Il y a 10 ans, une loi est passée qui pénalise les clients pour l’achat de services sexuels.
“Je vois le métier de travailleuse du sexe comme une aide sociale”
Michel a 44 ans, il est célibataire et vit dans le sud de la France, son travail très prenant impacte sa vie sociale : “Je suis un peu timide, mais je suis quelqu’un de plutôt sympa sur qui on peut compter.” Michel fréquente les travailleuses du sexe une à deux fois par an : “C’est bien de trouver la bonne personne qui met à l’aise et qui a l’habitude de ce genre de choses.”
Michel n’en parle pas à son entourage : “C’est un peu mon jardin secret, c’est ma face cachée.” Il imagine Mia, en dehors de son travail, bien entourée et sûre d’elle : “Mais c’est vrai que ça ne doit pas toujours être évident d’expliquer ce que tu fais, de vivre un peu cachée.”
“Il n’y a pas de négociation, pas de mensonges, le tarif est fixé”
Aurélien a 33 ans, père célibataire, vit en Bretagne. Il a l’habitude de fréquenter des escortes : “La principale motivation, c’est passer du bon temps, rigoler, avoir un rapport et repartir tous les deux avec le sourire.” Il décrit sa relation avec Mia comme amicale, voire complice. “Tu me parles comme si on était amis, on se confie parfois des choses, il n’y a pas de secret.” Aurélien a peur de la pénalisation des clients des travailleuses du sexe : “On y pense forcément. Être convoqué par la gendarmerie, ça freine.“
“Coucher pour de l’argent, c’est un métier comme un autre.”
Sam a 40 ans, il vit en concubinage en région parisienne et travaille comme chef de chantier dans le BTP. Il fréquente des escortes occasionnellement qu’il rencontre sur des sites : “J’ai rencontré une quinzaine d’escortes dans ma vie.” Mia lui demande comment il réagirait si sa propre fille devenait travailleuse du sexe : “Je ne vais pas la rejeter parce que je pense que c’est un métier assez dur, où on peut être isolée.“




