Marseille: Tension après une série de défaites
« Quand le feu brûle à Marseille, il faut parfois le laisser brûler. Il s’éteindra tout seul. » Depuis son arrivée à l’OM mi-février, Habib Beye a cité deux fois cette phrase de l’ancien président du club, Pape Diouf. Mais avant la réception de Nice ce dimanche (20 h 45), les départs de feu se multiplient.
Habituellement souriant et volontiers bavard face aux journalistes, Beye est apparu très fermé vendredi en conférence de presse, se contentant de réponses brèves et plutôt sèches. « Quand je parle, on dit que je parle trop. Quand j’explique, on dit que je vous enfume. Aujourd’hui je vous donne le minimum et on verra bien ce qui se dit », a résumé le coach marseillais.
Il faut dire que la semaine a été pesante, dans la foulée de la piteuse défaite concédée samedi à Lorient (2-0), qui a éloigné les Olympiens du podium et provoqué la tonitruante sortie du directeur du football Medhi Benatia, qui a parlé de « scandale ». « Je leur ai dit (aux joueurs) de ne rien prévoir pour les quatre prochaines semaines. On va passer un peu plus de temps ensemble (…) Passer le matin, l’après-midi, on va bosser, avec une bonne sieste au milieu. Et on va travailler », avait alors promis Benatia.
Mise au vert allégée
La menace s’est transformée en mise au vert au centre d’entraînement, théoriquement de jeudi jusqu’au match face aux Niçois, regonflés par leur qualification cette semaine pour la finale de la Coupe de France. La punition a finalement été allégée en fin de semaine, après la visite du propriétaire Frank McCourt, plus présent que jamais cette saison à Marseille. Les joueurs ont donc pu rentrer chez eux vendredi soir et devaient se retrouver samedi à la Commanderie.
Auparavant, l’homme d’affaires américain avait rappelé au groupe qu’il était aligné avec la prise de parole de Benatia et que la qualification pour la Ligue des champions était primordiale pour le club. Pas si simple dans une ambiance qui pourrait être glaciale et alors que les absences se multiplient. Les blessures d’Amine Gouiri et Igor Paixao se sont en effet ajoutées à celles de Nayef Aguerd, Geoffrey Kondogbia, CJ Egan-Riley et Bilal Nadir.
Mais l’atmosphère autour du club n’a pas non plus été allégée par une semaine médiatiquement survoltée, où il ne s’est pas passé un jour sans avis tranché d’anciens joueurs, joueurs, consultants ou observateurs divers sur la situation au sein du club. Il faut dire que depuis la première de Beye face au Stade Brestois, soldée par une défaite, les Marseillais en ont aligné quatre autres en huit matches, dont une en quart de finale de Coupe de France face à Toulouse.
Medina, « l’attitude de certains joueurs » et « un peu de tension »
En milieu de semaine, en pleine mise au vert, l’interview de Facundo Medina sur RMC Sport, qui a évoqué « l’attitude de certains joueurs », a ainsi beaucoup fait parler, comme les remarques du maire de la ville Benoît Payan à propos du nouveau logo du club, jugé « horrible », « laid » et ne correspondant pas à l’OM.
Le défenseur a néanmoins été soutenu par son coach vendredi : « Il n’a pas été dur, il a juste fait comprendre qu’il n’a pas eu la possibilité d’aider l’équipe, et ce sentiment, tout le monde le partage. Il ne faut pas le remettre en question, car il est investi à 100%, c’est un exemple. »
« La semaine s’est bien passée, avec un peu de tension et c’est normal », a relativisé Beye vendredi. « Je n’ai pas pris en compte tout ça, je n’étais pas forcément connecté à cette actualité. Je suis focus sur Nice. Tout ça, c’est ce qui se passe autour d’une équipe qui n’est pas performante, il faut l’accepter », a ajouté le coach marseillais. À quatre journées du but, les Marseillais sont donc invités à faire le dos rond, ignorer le monde extérieur et prendre le maximum de points sur le terrain.




