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War in Iran: The United States is no longer the hegemonic power as in the 1990s

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GRAND ENTRETIEN. Pour l’économiste Arnaud Orain, auteur du récent essai “Le monde confisqué”, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche acte la mort du néolibéralisme. Entre contrôle des terres rares et sécurisation des routes maritimes, les États-Unis adoptent désormais une stratégie de “marchés captifs”, déplaçant le cœur de la valeur économique.

LA TRIBUNE. Groenland, coup de force au Venezuela, accords avec des pays africains pour prendre possession des minerais en échange d’aide humanitaire… Que disent ces événements de la politique géoéconomique de Donald Trump?

Arnaud Orain. L’administration Trump s’inscrit dans une logique de conquête ou de reconquête d’un espace vital en ressources et en marchés captifs. Elle n’est pas la première : la Chine l’a fait auparavant, avec ses “nouvelles routes de la soie” (Belt and Road Initiative), et l’administration Biden s’inscrivait déjà dans une dynamique comparable.

Depuis une dizaine d’années, le monde fonctionne de moins en moins de manière multilatérale. Les grandes institutions internationales, comme l’OMC ou le FMI – ne parlons pas de l’ONU – perdent en efficacité ou deviennent presque inopérantes.

Dans ce contexte, les États-Unis prennent conscience qu’il n’est plus possible de faire fonctionner leur économie et d’accéder aux ressources sur des bases strictement de marché concurrentiel.

Les États-Unis sont donc entrés dans une logique prédatrice de l’économie?

Face à la Chine, devenue un rival systémique – notamment par son contrôle des terres rares, sa montée en gamme manufacturière et son implantation en Amérique latine (port de Chancay au Pérou, mines de lithium au Chili, achat de terres agricoles au Brésil, maquiladoras au Mexique) –, les États-Unis adoptent en effet une logique plus prédatrice. Notamment en signant des accords bilatéraux avec des pays économiquement vulnérables, voire en recourant à la force.

L’objectif n’est pas toujours de capter directement les ressources, mais d’empêcher les rivaux, notamment la Chine, d’y accéder.