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The news seen by Remaides: United States: increasing restrictions on access to HIV treatments

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The news seen by Remaides: United States: increasing restrictions on access to HIV treatments

Une manifestation de défense de la science contre les attaques de l’administration Trump en marge de l’édition 2025 de la Croi de San Francisco. Photo : Brooke Anderson.

Par Fred Lebreton

États-Unis : des restrictions croissantes sur l’accès aux traitements VIH

 

Aux États-Unis, plusieurs états resserrent l’accès aux programmes publics qui financent les traitements contre le VIH. Une enquête du New York Times révèle que ces décisions, justifiées par la hausse des coûts et un financement fédéral stagnant, pourraient priver des dizaines de milliers de personnes d’un accès stable à leurs médicaments et fragiliser les efforts de santé publique.

Des programmes essentiels fragilisés par les contraintes budgétaires
Près d’une vingtaine d’états américains ont récemment durci les conditions d’accès aux programmes d’aide aux médicaments contre le VIH, les AIDS Drug Assistance Programs (ADAP), qui permettent à de nombreuses personnes vivant avec le VIH de recevoir leurs traitements ou de payer leurs primes d’assurance santé. Selon une analyse du centre de recherche KFF (Kaiser Family Foundation, une ONG) citée par le New York Times, ces programmes soutiennent environ un quart des 1,2 million de personnes vivant avec le VIH aux États-Unis. Mais ils sont aujourd’hui sous pression : les coûts des traitements augmentent tandis que le financement fédéral, issu du programme Ryan White, stagne depuis plus de dix ans. Dans le même temps, le nombre de bénéficiaires a fortement progressé (une hausse d’environ 30% entre 2022 et 2024) notamment après la sortie de nombreuses personnes du programme Medicaid. “En pratique, on demande aux programmes d’en faire plus avec moins de financement fédéral”, résume Lindsey Dawson, directrice adjointe de la politique VIH à KFF. Face à ces contraintes, dix-huit états ont déjà adopté des mesures d’économie, en limitant l’accès selon le niveau de revenus ou en réduisant la liste des médicaments pris en charge. Cinq autres envisagent des changements similaires. Les spécialistes redoutent que ces décisions ne compromettent la continuité des traitements, pourtant essentielle : les traitements permettent de rendre la charge virale indétectable et d’empêcher la transmission du virus. Des interruptions ou un rationnement des traitements pourraient, au contraire, favoriser l’apparition de résistances et une hausse des nouvelles infections.

La Floride en première ligne, avec des milliers de personnes exclues

La situation la plus inquiétante concerne la Floride. Depuis début mars, l’état a supprimé l’accès au programme pour au moins 16 000 personnes vivant avec le VIH et a cessé de couvrir le Biktarvy, l’un des traitements les plus prescrits. Le seuil de revenus permettant d’être éligible a été drastiquement abaissé, passant de 400% à 130% du seuil fédéral de pauvreté, soit environ 20 700 dollars par an pour une personne seule. Les autorités évoquent un déficit budgétaire prévisionnel de 120 millions de dollars pour justifier cette décision, sans en détailler les calculs. Les organisations de défense des PVVIH dénoncent une mesure aux conséquences potentiellement dramatiques. “Nous voyons des patients dans tout l’état très anxieux et effrayés, qui rationnent leur traitement vital”, alerte Esteban Wood, responsable du plaidoyer à l’AIDS Healthcare Foundation. Pour lui, l’impact dépasse largement les seules personnes vivant avec le VIH : “C’est une catastrophe économique, une catastrophe de santé publique, une catastrophe morale.” L’organisation a saisi la justice pour tenter de suspendre ces restrictions. Selon plusieurs experts cités par le New York Times, d’autres états pourraient suivre cette trajectoire à mesure que les budgets se tendent et que les réformes de l’aide sociale modifient l’accès à Medicaid. “Nous anticipons que de plus en plus d’états devront mettre en place des mesures de maîtrise des coûts”, prévient Tim Horn, de la National Alliance of State and Territorial AIDS Directors. Une perspective qui fait craindre une fragilisation progressive du filet de sécurité destiné aux personnes vivant avec le VIH aux États-Unis.