La succession à la présidence de l'agglomération d'Agen s'annonce tendue. Après la défaite de Jean Dionis, les équilibres politiques vacillent. “Je suis candidat à la présidence de l'agglomération d'Agen”, annonce Olivier Grima. Entre ambitions locales et héritage d'influence, la gouvernance future reste incertaine.
Sonneries de téléphone… Boucle WhatsApp. Conciliabules. Tractations. Réunions. Calculs. Au lendemain de la défaite du centriste Jean Dionis aux élections municipales, les coulisses de l'agglomération agenaise s'agitent. Le maire sortant d'Agen était également président de l'Agglo. Sa succession est ouverte. Elle ne se déroule pas comme prévu. La victoire de Laurent Bruneau, candidat de la gauche unie, à la tête de la municipalité agenaise, chamboule tout.
Si Jean Dionis s'est retiré de la vie politique, il n'a certainement pas perdu du jour au lendemain son influence et ses alliés. Il a l'intention de faire aboutir des dossiers majeurs comme la LGV Bordeaux-Toulouse ou l'extension Technopole Agen Garonne. Il serait même surprenant qu'il ne tente pas de tirer des ficelles. Avec 44 communes, plus de 100 000 habitants et 85 conseillers, des compétences majeures (développement économique, collecte des déchets, politique de la ville, eau potable, etc.), cette collectivité concentre les pouvoirs.
“Je suis candidat à la présidence de l'agglomération d'Agen”
Dans ce contexte-là , Olivier Grima, actuel vice-président de la structure en charge du développement économique, ne le cache pas : “Je suis candidat à la présidence de l'agglomération d'Agen”. Il explique avoir entrepris cette démarche “après en avoir discuté avec beaucoup de [ses] collègues élus maires ou ceux de l'agglomération”. Avant le résultat des municipales, il était pressenti pour être le premier vice-président d'Agglo Agen, poste occupé depuis un bail par Henri Tandonnet.
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Le conseil d'installation de l'agglomération prévu le 9 avril prochain s'annonce donc disputé. Sur les 85 sièges à pourvoir, Agen en a 24, Le Passage 6, Bon-Encontre, Boé et Foulayronnes en ont 4, Pont-du-Casse 3, Colayrac 2, Layrac 2 et toutes les autres communes 1.
“Une gouvernance transpartisane”
“Je défends un axe de développement du territoire, d'attractivité afin de favoriser aussi la création d'emplois pour nos familles, pour nos commerces, pour tous les administrés, explique Olivier Grima. C'est un projet sur lequel je travaille déjà depuis deux mandats. Je souhaite qu'il se poursuive en préservant pour les petites et moyennes communes les fonds de solidarité territoriaux qui existent”. Il promet de défendre avec le “punch nécessaire” la LGV, la TAG, la nouvelle offre de transport sur réservation qui facilitera les trajets domicile-travail. Il met en avant son expertise du fonctionnement et sa volonté de mettre en place “une gouvernance transpartisane”. Il prône la concertation.
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Son choix est différemment apprécié, selon sa place sur l'échiquier politique, même si personne n'a oublié que Laurent Bruneau s'était présenté en 2020 contre Jean Dionis – il avait recueilli 11 voix. “Les urnes ont parlé et il faudrait surtout que la raison l'emporte aujourd'hui sur la passion et sur les ambitions”, souligne un conseiller communautaire partisan d'une gouvernance consensuelle comme elle l'était jusque-là . Une autre question se pose dans l'hypothèse où le maire d'Agen ne devient pas le président de l'Agglo : qu'adviendrait-il de mutualisation des services votée en 2015 ? Selon Laurent Bruneau, le coût financier d'un retour en arrière s'élèverait à plus de 10 M€.




