LA TRIBUNE DIMANCHE – Vous avez été le directeur de campagne de François Fillon et de Valérie Pécresse lors des primaires de 2016 et 2021 organisées par LR. N’en faudrait-il pas une nouvelle pour départager les multiples candidats de la droite et du centre en 2027 ?
PATRICK STEFANINI – J’ai signé il y a trois semaines dans Le Figaro une tribune avec Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère, pour dire qu’il était grand temps de s’organiser. Pourquoi ? Je pense qu’il existe un consensus très fort chez les électeurs de la droite et du centre sur la nécessité d’un candidat unique. L’appel signé par 90 parlementaires et ministres Renaissance, Horizons, LR et MoDem publié par La Tribune Dimanche en a été une preuve supplémentaire. Nous ne sommes plus en 1995, quand Jacques Chirac et Édouard Balladur pouvaient se payer le luxe d’un affrontement au premier tour, ni même en 2007, quand Nicolas Sarkozy avait affronté François Bayrou.
Aujourd’hui, le Rassemblement national est à 35%. Son assise locale s’est renforcée lors des dernières élections municipales. Il n’y a plus d’espace politique pour deux candidats de la droite et du centre au premier tour. L’arithmétique électorale est impitoyable. J’ajoute que le 7 juillet, à l’issue du verdict d’appel dans l’affaire dite des assistants parlementaires européens, le RN aura un candidat. Celui de La France insoumise est déjà connu. Dès septembre, tous deux seront en campagne et ils ont à leur disposition un parti à la structure puissante. Plus tôt la droite et le centre désigneront leur candidat, mieux ils se porteront. Comme le dit La Fontaine : « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point ».



