L'extrême droite a souvent conditionné l'octroi de subventions à la « neutralité politique » de ces structures aux ressources fragiles. Dans la plupart des communes, le vote du budget 2026 a été décalé au mois d'avril. Et pour certaines associations, cette échéance s'apparente à l'échafaud. Surtout quand ces associations assument une parole libre. La Ligue des droits de l'homme, par exemple, une des structures les plus critiquées, estime que sa trésorerie lui permet de fonctionner pendant cinq ou six mois… Au-delà , il faudra assumer des licenciements, l'arrêt de certains projets et des actions en justice pour les droits humains.Dans son projet de contre-budget présenté en octobre, le Rassemblement National proposait de couper 3 milliards de « dépenses inutiles » dans les subventions aux associations sur un total de presque 12 milliards. Fin janvier, deux propositions de loi déposées par l'UDR d'Eric Ciotti vont même plus loin : l'une propose de permettre aux préfets de suspendre une subvention en cas d'atteinte au principe de la république, l'autre d'élargir les motifs de dissolution.Et cette fâcheuse manie de couper les vivres aux associations critiques n'est pas seulement l'apanage de l'extrême droite. Depuis plusieurs années, les libertés associatives sont largement attaquées et le Mouvement Associatif le documente largement au quotidien. À tel point qu'une grande campagne de communication sera lancée mi-avril pour ouvrir le débat.
Dans le journal Le Monde, cette fois c'est aussi le Conseil Économique Social et Environnemental qui s'alarme des entraves à la liberté de création. Dans un avis rendu le 24 mars, les rapporteurs Soud Belhaddad et Vincent Moisselin convoquent une scène sortie des limbes de l'histoire : « nous ne sommes pas à Berlin, nous ne sommes pas en 1933. Nous sommes en Bretagne au printemps dernier en juin 2025. C'était le mois des fiertés, principale manifestation LGBTQIA+, ce fut aussi celui d'un autodafé commis par des militants d'extrême droite, filmé sur la plage après le vol de neuf livres sur l'identité de genre dans une médiathèque ».L'extrême droite, des groupes traditionalistes, des associations antiracistes ou féministes, voire de simples citoyens visent la culture. Sous toutes ces formes. « Il y a quelques années, protester contre l'artiste et son œuvre s'exprimait essentiellement par des manifestations. Aujourd'hui, certains n'hésitent pas à recourir à la violence. » Au festival d'Avignon en 2023, une comédienne a subi une agression physique et verbale à caractère raciste lors d'une représentation de la pièce Carte noire nommée Désir de Rebecca Chaillon.Et puis, il y a ces élus qui n'hésitent plus à imposer leur choix. Le film Sacré-Cœur par exemple, déprogrammé à Marseille, mais imposé à Clichy-la-Garenne, contre l'avis du directeur du cinéma qui a démissionné. La logique est partout la même… Le maitre des subventions paye, donc décide.Or, souligne les rapporteurs du CESE, « l'art de demeure un lieu de conflit civilisé, une manière partageable d'être en désaccord, de s'opposer sans faire taire. Autrement, dit l'art empêche la pensée unique ». Considérer que c'est « celui qui paye l'orchestre qui choisit la musique », comme si un subside public était comme de l'argent privé, est aussi un signe de péril démocratique.
Dans Libération, vous lirez que les scénaristes sont en plein Bad script. L'IA s'infiltre à bas bruit, dans les bureaux des auteurs, des producteurs, des diffuseurs et compte même un festival à Cannes, fin avril prochain, dont le jury est présidé cette année par la réalisatrice et Comédienne Agnès Jaoui : le World AI film Festival.Si certains évoquent un tsunami, d'autres relativisent : « C'est un outil et ce n'est pas le seul, tempère l'ancien président de la guilde des scénaristes qui assume de se servir d'outils d'intelligence artificielle pour documenter un sujet. Il ne faut pas penser que l'IA peut écrire un scénario. Le résultat est médiocrissime ».
Dans Les Echos, vous lirez un portrait riche et dense de celui qui fait trembler le monde des concerts. Angelo Gopee a propulsé Live Nation au sommet après avoir racheté la Défense Arena, la plus grande salle de concert d'Europe. Lui, mauricien d'origine, a grandi en quartiers, à St Ouen et suscite jalousie et exaspération. Il répond inclusivité et collectif. Celui qui a débuté en poussant des caisses, a fait émerger IAM NTM Kanye West ou Lady Gaga, a fait tourner une certaine Britney Spears au début des années 2000. L'intuitif a prédit que les diasporas allaient changer la face de la musique dans le monde. Le succès de Bad Bunny, Rosalia ou BTS le démontre.Sous sa direction, Live Nation France est passé de 3 à 140 salariés, et cette grosse machine à l'américaine déstabilise le marché hexagonal : « en France, le business est encore nain par rapport aux États-Unis ou à l'Angleterre », reconnaît-t-il. Faut-il freiner l'ogre Live nation ? Où l'industrialisation à l'anglo saxonne de cette industrie est-elle inéluctable ?« C'est la loi du plus fort, le format artisanal va disparaître », cingle Boris Vedel, directeur du Printemps de Bourges.
Êtes-vous adeptes de Dark Romance ? Dans Télérama, vous lirez que cette littérature sentimentale apparu il y a une dizaine d'années est en plein boom. La mécanique est simple : « des anti-héros dangereux, de la jalousie, de la possessivité présentée comme des preuves d'amour. Les figures masculines sont toxiques et les bad boys ténébreux ». Selon le centre national du livre, 7 % des lecteurs ont lu un ouvrage de Dark romance en 2024. C'est 27 % chez les 15-19 ans. Un phénomène massif qui dépasse largement le phénomène Harlequin des années 80.Dans nos sociétés qui dégueulent de violences faites aux femmes, faut-il s'inquiéter des représentations très machiste de ce style littéraire, dont la qualité n'est pas toujours au rendez-vous lirez vous ?Si certaines chercheuses y voient un miroir du patriarcat et un symbole du backlash, ce retour de bâton, vis-à -vis des féministes, d'autres ne s'inquiètent pas. À la manière des films d'horreurs, ces lectures extrêmes fonctionnent comme des régulateurs émotionnels, permettant de relâcher la pression. Ces émotions cathartiques auraient même des vertus face aux situations toxiques et violentes.Plutôt que mépriser, ou censurer… Je retiens une phrase : « L’art empêche la pensée unique ».




