Critique cinéma : Un jour avec mon père dAkinola Davies, trop doux et fantomatique pour son propre bien

    3
    0
    Mention spéciale pour la Caméra d’or, à Cannes, BAFTA du meilleur premier film… C’est un beau palmarès pour le premier long-métrage d’Akinola Davies Jr, réalisateur et scénariste britannico-nigérian. Dans Un jour avec mon père, coécrit avec son frère Wale, Davies livre un récit semi-autobiographique situé à Lagos en 1993. Alors, le Nigeria traverse une grande crise électorale. Dans la capitale, un père tente, tant bien que mal, de guider ses deux fils à travers les affres de la ville malgré la menace du trouble politique.

    Charles Bosson : “Le film commence comme un film fantastique, quasi horrifique. Deux enfants qui jouent ensemble, le vent qui passe, les figures de style en zoom très dramatiques, et cette ombre paternelle qui les embarque, presque comme un kidnapping. On les voit embarqués dans une sorte de road trip vers la mer. Le suspense monte et le film se gorge de réalité, notamment grâce aux journaux. On apprend toute la situation politique. On peut penser comme ça à un film des frères Safdie, l’histoire d’un père un peu fou faite par des frères, mais la comparaison s’arrête là, car les Safdie ont une capacité bien plus forte à créer de la fiction qu’Akinola Davies. Lui se casse un peu les dents, à partir du moment où il faut des flashbacks, des fantômes, des personnages secondaires pour tenir cette histoire.Murielle Joudet : “Ce père, la façon dont il parle de sa mère, c’est trop doux. J’aurais voulu un personnage bien plus négatif, un salaud, ça aurait été bien plus intéressant. Là, on est en 1993 et on a l’impression que le type est déjà un peu déconstruit… Je pense que c’est aussi ça qui manque au film, un peu de négativité. À la fin, tous les traumas sont réparés, la catharsis a eu lieu. Il n’y a plus de noirceur, plus d’inconscient. C’est un peu limité.

    Un jour avec mon père d'Akinola Davies, sorti le 25 mars 2026

    Extrait de la bande-annonce d’Un jour avec mon père