
( AFP / OMAR HAJ KADOUR )
Le président du grand groupe industriel espagnol de défense Indra, Ãngel Escribano, est maintenu à son poste, a indiqué mercredi une source au fait des discussions à l’issue d’un conseil d’administration, malgré les pressions du gouvernement de gauche de Pedro Sánchez qui voulait l’en évincer.
Spécialisé dans les technologies de l’information, la défense et la sécurité, ainsi que la gestion de trafic aérien, Indra s’est imposé ces dernières années comme l’un des acteurs centraux de la montée en puissance de l’investissement public dans la défense en Espagne.
Jeudi dernier, Indra avait annoncé renoncer à l’acquisition d’EM&E, une entreprise espagnole d’armement, une opération censée créer un fleuron national de la défense.
Ce projet était toutefois au coeur d’un profond désaccord entre l’Etat, premier actionnaire d’Indra via son fonds souverain SEPI (28%), et le président du groupe, Ãngel Escribano… également propriétaire d’EM&E avec son frère Javier, lequel siège aussi au conseil d’administration d’Indra.
Or, EM&E, fondé par les deux frères en 1989, détient 14,3% du capital d’Indra, en faisant son deuxième actionnaire.
Pourtant, l’opération d’acquisition avait initialement reçu l’assentiment de la SEPI, mais le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez a progressivement vu d’un mauvais oeil le possible renforcement de l’influence des frères Escribano au sein de l’actionnariat d’Indra, selon la presse espagnole.
Ces dernières semaines, l’exécutif, via la SEPI, a ainsi fait pression pour évincer Ãngel Escribano, en poste depuis janvier 2025, face à ce que la première vice-présidente du gouvernement MarÃa Jesús Montero a qualifié de “conflit d’intérêts”.
C’est dans ce contexte de tensions qu’un conseil d’administration se tenait mercredi.
Mais à l’issue de cette réunion tenue en fin d’après-midi, Ãngel Escribano a été conforté à son poste, fort du soutien de nombreux actionnaires qui lui attribuent les très bons résultats d’Indra, dont le bénéfice net a explosé de plus de 50% en 2025 pour atteindre 436 millions d’euros.
Le président et l’exécutif à Madrid devront désormais aplanir ensemble les différends au sein de ce groupe devenu stratégique pour l’Espagne, en plein chamboulement du paysage de la défense en Europe du fait de l’invasion russe en Ukraine.
Indra est notamment impliqué dans le projet franco-allemand-espagnol d’avion de combat européen (Scaf).
Son carnet de commandes a plus que doublé l’an passé par rapport à 2024 pour culminer à plus de 16 milliards d’euros, grâce notamment à d’importants contrats publics.



