College of the Bernardins: A completely privileged setting for the performing arts

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    Le Collège des Bernardins, propriété du diocèse de Paris et témoignage unique de l’architecture cistercienne du début du XIIIe siècle dans la capitale, franchit un cap dans son dialogue avec le monde de la création, en proposant un premier Festival des arts vivants, du 20 au 22 mars 2026.

    Ces trois jours de concert, danse, chant, création lumineuse, performance et théâtre confirment la place de l’expression artistique en “résonance avec les pierres”, dans ce lieu patrimonial majeur au cœur du quartier latin, classé au titre des monuments historiques depuis la fin du XIXe siècle.

    Depuis sa restauration complète en 2008, avec le concours de l’architecte Jean-Michel Wilmotte pour faire resurgir l’immense cellier sous la nef, ce lieu ancestral de formation théologique est aussi “au service de la culture d’aujourd’hui”. Après une programmation artistique longtemps axée sur la musique classique et les expositions, le spectacle vivant et l’interdisciplinarité sont remis au cœur des propositions.

    Interview avec Laurent Landète, directeur général du Collège des Bernardins.

    Le Collège des Bernardins est un lieu chargé d’histoire ?

    Le Collège des Bernardins a été fondé en 1248 pour former les jeunes moines cisterciens qui venaient de toute l’Europe pour bénéficier de l’effervescence intellectuelle de la capitale française et ainsi se former pour retourner ensuite dans leur région, dans leur pays. C’est ainsi que ces moines ont contribué à la construction d’une Europe artistique, culturelle, intellectuelle et économique. Le Collège des Bernardins a été un élément de la construction de cette Europe culturelle.

    C’est un bâtiment exceptionnel avec une magnifique nef, une des plus grandes de l’Europe. Après la Révolution française, il est devenu une prison et ensuite une caserne de pompiers. Cela a permis au Collège d’être au service de la société.

    C’est un lieu qui a été reconstruit dans les années 2000 ?

    Le Collège des Bernardins aurait pu être démoli, mais il a été classé monument historique en 1887. C’est le cardinal Jean-Marie Lustiger qui a eu l’idée de créer un lieu de dialogue entre la sagesse judéo-chrétienne et les questions de son temps. Le sage fait du neuf avec de l’ancien.

    En fait, le Collège des Bernardins se définit aujourd’hui par cet enracinement qui permet le dialogue, la rencontre et la compréhension. Les questions de ce temps viennent interroger cette sagesse.

    Pour quels résultats ? La rénovation a permis au Collège des Bernardins de devenir un fleuron du patrimoine, accueillant chaque année plus de 200 000 personnes. Les travaux ont mélangé la construction médiévale avec des constructions ultra-modernes pour accueillir un large public.

    C’est un lieu pour la formation théologique et pour la culture, au service de la culture d’aujourd’hui et des artistes contemporains.

    Le Collège des Bernardins accueille aujourd’hui un premier festival d’arts vivants. Cela correspond à sa vocation initiale ?

    Oui, les artistes ont toute leur place dans ce lieu et le Festival des arts vivants est une étape importante. Les artistes peuvent profiter de la résonance de ces lieux pour s’exprimer.

    Comment imaginer l’avenir ?

    Le Collège des Bernardins se doit d’être dans une perpétuelle réinterrogation de sa vocation. Il doit toujours aller plus loin dans le dialogue, la rencontre et l’expression artistique. Les artistes ont une place importante dans ce lieu et peuvent bénéficier de l’histoire et de l’architecture pour s’inspirer.