Nos déchets plastiques envahissent dangereusement notre environnement
Nos déchets plastiques ne cessent de s’accumuler, jusqu’à infiltrer dangereusement le vivant. LSD nous alerte sur cette bombe à retardement dans une série documentaire en quatre épisodes.

Photomontage de l’artiste Mandy Barker réalisé à partir de déchets plastiques de vingt-cinq pays trouvés sur l’île inhabitée Henderson, dans le Pacifique Sud.Image Mandy Barker
Publié le 31 mars 2026 à 12h13
Venise sera-t-elle submergée d’abord par les eaux ou par les déchets plastiques ? C’est la question vertigineuse qui ouvre l’excellente, car édifiante, série d’Élise Gruau pour LSD sur France Culture. En présence discrète au micro, une dose de reportage et surtout des analyses de chercheurs et professionnels du recyclage, elle brosse le portrait de notre société de consommation malade du tout-jetable. Suite à un épisode liminaire décrivant l’envasement à travers les siècles de la lagune vénitienne, où la Cité des doges doit désormais gérer l’équivalent annuel de deux stades de foot d’emballages jetés par les touristes, on découvre que la notion de déchet ne date que du XIXe siècle en France. Jusqu’alors, tout était collecté et réutilisé, notamment pour la fertilisation des champs autour des villes ou le raffinage du sucre (les os brûlés faisaient un parfait charbon de filtration). “Les chiffonniers faisaient alors vivre toute une industrie,” rappelle la passionnante urbaniste Sabine Barles. “Mais avec la dévalorisation de ces sous-produits que sont les chiffons ou les os, on entre dans un régime du service : on a besoin qu’on nous enlève nos ordures.”
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C’est alors que la série laisse son écho historique pour noyer l’auditeur dans un océan de plastique. Des matériaux qui ne cessent de s’accumuler depuis les années 1950, créant une bombe à retardement de particules qui s’infiltrent peu à peu dans le vivant. Et le pire, c’est qu’on nous fait croire que le tri sélectif et le recyclage apporteront la solution. “Ce n’est pas mieux que rien, c’est pire que rien,” tranche l’agronome Nathalie Gontard. “Parce qu’en donnant une utilité au déchet, on va rassurer le consommateur, qui va se sentir autorisé à continuer à consommer du plastique. Mais on ne change rien à la pollution, car la chaise de jardin ou le pull issus de bouteilles recyclées vont continuer à émettre des nanoplastiques.” Et ce n’est pas tout : l’utilisation de ces nouveaux matériaux se fait au détriment d’autres ressources, qui, elles, ne créent pas de problèmes environnementaux. “Le marché de la laine s’est cassé la figure parce qu’on l’a remplacé par le polyester recyclé,” précise-t-elle.
Alors, pour ne pas céder au désespoir, il faut aller au bout de la série et, dans le même temps, faire sauter un tabou autour d’un autre fameux déchet : oui, l’urine – dont l’évacuation est énergivore et pollue les rivières – est un excellent engrais et des solutions existent aujourd’hui, même à Paris, pour la récupérer efficacement ! Une solution se dessine alors pour les citoyens qui souhaitent lutter à leur échelle : moins de plastique, un regard vers les solutions pragmatiques de nos aïeux et quatre heures d’écoute de LSD.
s Ciel mes déchets ! dans LSD, la série documentaire, sur France Culture 4h59min.

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