Le Sénégal n'est pas résigné. Bien au contraire. Le Président de la fédération sénégalaise Abdoulaye Fall accompagné de plusieurs avocats ont tenu une conférence de presse ce jeudi dans le XVIIe arrondissement de Paris afin de protester contre la victoire sur tapis vert du Maroc lors de la finale de la CAN en janvier dernier et d'annoncer qu'ils allaient se battre par la voix juridique pour conserver sa 2e CAN après celle remportée en 2021.
Lors de cette finale, les Sénégalais avaient protesté contre l'arbitre qui avait accordé un pénalty aux Marocains durant le temps additionnel en quittant la pelouse. Revenus sur le terrain après une quinzaine de minutes, les Lions de la Teranga s'étaient finalement imposés en prolongation (1-0).
Ce mercredi, le Tribunal arbitral du sport (TAS) avait annoncé avoir reçu le recours du Sénégal pour contester la décision du jury d'appel de la Confédération africaine de football (CAF). Dès le début de la conférence de presse, le président sénégalais a donné le ton. « L'heure est grave !, tonne-t-il. Face à ce qui s'apparente à un braquage administratif le plus grossier de l'Histoire de notre sport, le Sénégal refuse la fatalité. Notre combat dépasse aujourd'hui le simple rectangle vert et la justice sportive, il s'agit de défendre l'honneur de nos joueurs. Nous avons mandaté une équipe de professionnels aguerris. »
« Ce que veulent nos adversaires est une médaille empoisonnée. On va chercher les causes de ce poison, c'est quelque chose qui nous semble pourri et on appelle ça le pénal. », ajoute Me Pierre-Olivier Sur. Me Seydou Diagne a ensuite indiqué « qu'aucune décision n'ordonne la restitution des trophées, des médailles et des primes ».
Une équipe de six avocats pour défendre sa cause devant â le â TAS à Lausanne (Suisse) a pointé du doigt le rôle de l'arbitre, qui a mené la rencontre jusqu'à son terme, et les conditions de l'audience lors du jury d'appels. « On ne va pas donner tous nos arguments aujourd'hui, on les réserve pour le TAS », déclare Me Seydou Diagne. La décision pourrait prendre du temps, entre 9 et 12 mois. « L'idée est de demander une procédure accélérée, annonce l'avocat suisse Serge Vittoz. Mais pour que cette procédure accélérée soit mise en place, il faut ‌que tout le monde soit d'accord, a-t-il indiqué. S'il y a procédure accélérée, on pourrait imaginer avoir une décision dans les deux mois. »
De son côté, le gouvernement sénégalais a demandé la semaine dernière l'ouverture d'une enquête internationale indépendante. Une plainte pour corruption va également être déposée. Premier adversaire des Tricolores lors du Mondial cet été, le Sénégal s'apprête à affronter ce samedi au Stade de France le Pérou lors d'un match amical qui aura des allures de célébration. La présence du trophée est annoncée.





