Une avalanche de posts, de déclarations, de réactions… Depuis l'annonce, ce mercredi 25 mars 2026 au soir, de la découverte du corps sans vie de Loana Petrucciani dans son appartement de Nice, les hommages pleuvent dans les médias et sur les réseaux sociaux.
Personnalités du monde la télévision – à l'instar de la productrice de Loft story Alexia Laroche-Joubert ou de son ami et ex-camarade d'émission Steevy – et stars en tout genre partagent souvenirs et condoléances tandis que l'enquête avance sur les circonstances de la mort de l'Azuréenne, pionnière de la télé-réalité, décédée à 48 ans.

Mais là ne sont pas les seules voix à s'élever. Plus engagés, des messages émanant d'autrices, de personnalités politiques ou encore de militantes pointent l'instrumentalisation sexiste de l'image de Loana depuis sa révélation au grand public en 2001, année où elle remporta Loft story.
Dans l'émission de télé-réalité de M6, l'Azuréenne était présentée comme un archétype de la bimbo naïve et court vêtue.
« Morte du sexisme, de la psychophobie, du classisme… »
Ce mercredi soir, peu après l'annonce de sa mort, l'essayiste féministe Valérie Ray-Robert a été l'une des premières à publier une analyse plus profonde sur le décès de Loana.
Dans ce texte court sur fond noir, repartagé notamment par l'actrice Marie Colomb qui a incarné Loana dans la série Prime vidéo « Culte » en 2024, l'intellectuelle estime que « le terme féminicide peut s'appliquer à [s] a mort ».
« Loana s'est consumée sous nos yeux. Loana est morte du sexisme, de la psychophobie, du classisme, de la grossophobie. Nous portons en tant que société une responsabilité dans sa mort », estime ainsi celle qui signait en 2022 un ouvrage intitulé « Télé-réalité : la fabrique du sexisme » (éditions Les insolentes).
Une analyse partagée par de nombreuses autres signatures du féminisme français. À l'instar de la journaliste Rokhaya Diallo.
Militante féministe et antiraciste, elle avait consacré un article à Loana Petrucciani dans son « Dictionnaire amoureux du féminisme », paru en mars 2025 (éditions Plon).
Ce mercredi soir, c'est en republiant cet extrait que Rokhaya Diallo a produit, elle aussi, un examen de conscience sociétal des plus cinglants.
« Pendant 25 ans, nous avons collectivement assisté à la descente aux enfers d'une femme exploitée de multiples fois aussi bien par des entreprises, que par des êtres humains. Le paroxysme de l'extractivisme patriarcal. J'espère qu'aujourd'hui elle repose enfin en paix », écrit-elle sur ses réseaux sociaux.
Marine Tondelier, patronne des écologistes, accuse le patriarcat
Du côté des responsables politiques, c'est Marine Tondelier, chef de file des écologistes, qui est très vite sortie du silence pour commenter ce qu'elle qualifie de « Sad story » (« triste histoire », NDLR).
Dans un post partagé notamment sur le réseau social Instagram, la responsable politique juge notamment :
“« Le patriarcat et l'industrie du divertissement ont broyé et tout fait subir à Loana. »”
Danseuse, comédienne et réalisatrice, connue entre autres pour son spectacle / film « Les Chatouilles » relatant des actes de pédocriminalité dont elle a été victime enfant, Andréa Bescond a fait de ses réseaux sociaux un lieu de dénonciation des violences subies par les femmes.
Sur l'un de ses emblématiques posts en écriture noire sur fond blanc posté dans la nuit de ce mercredi à ce jeudi 26 mars 2026 et adressé directement à Loana Petrucciani, on peut notamment lire :
« Tu as connu tellement de violence, de détresse et de solitude. […] Pardon pour ce monde. »
“« On l'a vue comme une Cosette […] mais on n'a jamais vu à quel point son parcours était significatif de la domination masculine »”
Dans une interview accordée au journal Libération en 2021 (et republiée par le média après la mort de Loana), le journaliste Paul Sanfourche, qui défendait alors son livre « Sexisme Story – Loana Petrucciani » (éditions Seuil), éclairait sur les « mécanismes patriarcaux » qui ont jalonné la vie de la candidate de télé-réalité azuréenne.
« On l'a vue comme une Cosette, comme une espèce de blonde de la piscine, en gros la coconne qui a fait de la télé-réalité, mais on n'a jamais vu à quel point son parcours était significatif de la domination masculine. C'est un marqueur de sa vie. À l'époque de #MeToo, où on a tendance, et à raison, à revisiter certains de nos mythes et de nos référents culturels, elle est passée totalement à côté de cette vague. Elle est restée dans son image des années 2000 et les années 2010, 2020 n'ont pas fait évoluer ce regard », analyse-t-il notamment.
« Icône, quasi martyr qui permet l'expiation »
Revenant sur le classisme subit par Loana – cette discrimination fondée sur l'appartenance ou la non-appartenance à une classe sociale – l'autrice française Rose Lamy, à la tête du compte féministe « Préparez vous pour la bagarre », dénonce quant à elle l'hypocrisie de la société française à l'égard de la Niçoise décédée.
« Principe bourgeois : un bon beauf est un beauf mort », écrit-elle entre autres. Et l'autrice de pointer : « Depuis hier, c'est un festival de fétichisme, de réécriture des raisons de sa mort et de culpabilité bourgeoise. La voilà icône, quasi martyr qui permet l'expiation ».
De quoi faire réfléchir collectivement toutes celles et ceux qui s'emparent a posteriori du destin de Loana ? À voir…






