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Élargir les opportunités pour les jeunes scientifiques.

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La résolution n° 57-NQ/TW du Politburo , en date du 22 décembre 2024, relative aux avancées majeures dans le développement des sciences, des technologies, de l’innovation et de la transformation numérique nationale, a ouvert de nombreuses perspectives aux scientifiques, notamment aux jeunes chercheurs. La loi sur la science, les technologies et l’innovation, adoptée par l’Assemblée nationale le 27 juin 2025, a concrétisé la réglementation de l’État, garantissant ainsi les droits et les intérêts des jeunes scientifiques.

Le décret gouvernemental n° 236/2025/ND-CP précise les modalités d’application de plusieurs articles de la loi sur la science, la technologie et l’innovation, notamment les critères et les mesures incitatives applicables aux jeunes scientifiques de talent. Ces jeunes scientifiques sont reconnus comme tels lorsqu’ils répondent aux critères suivants : être âgés de moins de 35 ans, être titulaires d’un doctorat, avoir remporté des prix nationaux et internationaux prestigieux dans le domaine de la science, de la technologie et de l’innovation, et avoir publié au moins cinq articles scientifiques dans des revues internationales de renom, conformément aux exigences du ministère de la Science et de la Technologie .

De plus, les jeunes scientifiques doivent être chefs de projet pour les tâches liées à la science, à la technologie et à l’innovation dans le cadre du programme national pour la science, la technologie et l’innovation, et l’évaluation finale doit démontrer que les résultats et les objectifs sont atteints.

Pour les jeunes scientifiques en sciences sociales et humaines, la condition est d’avoir au moins 5 articles scientifiques publiés dans des revues dont les codes ISSN figurent sur la liste annuelle de notation du Conseil professoral de la discipline ou du domaine interdisciplinaire, dont au moins 3 articles scientifiques doivent être publiés dans des revues internationales réputées, conformément à la réglementation du ministère des Sciences et de la Technologie.

Les jeunes scientifiques talentueux reconnus au titre du décret 236/2025/ND-CP bénéficieront d’une priorité de recrutement, d’un accompagnement pour la constitution d’équipes de recherche performantes et de financements pour la mise en Å“uvre de leurs projets de recherche dans leurs domaines de spécialisation. Ils seront également prioritaires pour les stages et missions de courte durée à l’étranger, seront considérés par les autorités compétentes pour des postes de direction dans les projets scientifiques, technologiques et d’innovation, et bénéficieront d’autres mesures préférentielles.

Ces dernières années, de nombreux événements et activités visant à encourager l’esprit d’apprentissage et la recherche scientifique chez les jeunes se sont déroulés avec enthousiasme. Le Comité central de l’Union de la jeunesse communiste Hô Chi Minh récompense chaque année de jeunes scientifiques avec le prix Globe d’or et le prix Khue Van Cac (décerné spécifiquement aux jeunes scientifiques ayant apporté une contribution significative dans le domaine des sciences sociales et humaines). Dans les établissements d’enseignement, de nombreux programmes et activités encourageant la recherche scientifique étudiante sont organisés chaque année à grande échelle.

L’Université nationale de Hanoï décerne le Prix de la recherche scientifique étudiante. L’Union de la jeunesse de Hô Chi Minh-Ville organise le Prix Euréka de la recherche scientifique étudiante… Cependant, les politiques incitatives n’ont pas permis d’induire de véritables changements. De nombreux obstacles persistent quant à la formation et au développement d’une équipe de jeunes scientifiques.

Le Dr Do Thi Kim Anh, de l’Institut de géographie humaine et de développement durable (Académie vietnamienne des sciences sociales), a observé que, d’un point de vue pratique, les jeunes scientifiques d’aujourd’hui sont confrontés à des « goulots d’étranglement » systémiques.

Premièrement, le système de gestion scientifique demeure très bureaucratique, avec des procédures d’évaluation, d’acceptation et de règlement complexes qui épuisent le temps et l’énergie des chercheurs. Le manque de ressources, qu’il s’agisse de financement, d’infrastructures ou de données, constitue un obstacle majeur ; pour les jeunes chercheurs, l’accès à ces ressources est encore plus difficile en raison de leur absence de reconnaissance universitaire et de réseaux professionnels.

En réalité, les politiques d’incitation et les perspectives de carrière sont insuffisamment attractives, les revenus de la recherche sont faibles, la pression pour publier est forte, mais les opportunités de développement restent floues, ce qui engendre une instabilité professionnelle, les poussant à cumuler plusieurs emplois sans rapport avec leur expertise, voire à se reconvertir. De plus, dans certains milieux universitaires et au sein de l’écosystème d’innovation, l’ancienneté prime encore sur les compétences, et les jeunes peinent à expérimenter et à prendre des risques. Par ailleurs, la faiblesse des liens entre les institutions de recherche, les universités et les entreprises freine la mise en application de nombreux résultats de recherche. Si les politiques favorisant les jeunes scientifiques sont perçues comme positives, un mécanisme de mise en Å“uvre transparent et équitable est indispensable pour leur garantir la confiance dans leur choix de carrière.

La docteure Do Thi Kim Anh a souligné la nécessité de réformes profondes du mécanisme de gestion de la recherche, axées sur l’octroi d’une plus grande autonomie, la réduction des procédures administratives et une évaluation plus rigoureuse de la qualité des résultats. Elle a insisté sur l’importance d’investissements ciblés dans les programmes scientifiques destinés aux jeunes chercheurs, de la création de fonds de recherche dédiés assortis de mécanismes de sélection transparents et compétitifs, du développement d’infrastructures de recherche ouvertes et de la mise en place d’un système national de bases de données facilement accessibles aux jeunes chercheurs.

À long terme, il est nécessaire de réformer les politiques d’incitation afin de lier les revenus aux résultats de la recherche, de construire des parcours professionnels clairs et transparents et d’élargir les possibilités d’intégration internationale pour les jeunes intellectuels ; de développer un écosystème d’innovation, de promouvoir les liens entre les instituts de recherche, les universités et les entreprises, d’encourager les entreprises à commander des recherches et de soutenir les jeunes entreprises scientifiques et technologiques.