La crise autour de la loi sur la conscription des orthodoxes atteint un point de rupture en Israël. Le rabbin Dov Lando, figure spirituelle de Degel HaTorah, a transmis un message d'une rare fermeté à ses représentants à la Knesset : « Il n'y a plus de confiance en Netanyahou » et il faut agir pour dissoudre le Parlement au plus vite. Selon Channel 12, les partis orthodoxes se préparent désormais à l'hypothèse réelle d'une chute de la coalition.
Au cœur de la crise : la loi censée régler le statut des étudiants des yeshivot et préserver leur exemption de service militaire. Benjamin Netanyahou a fait savoir aux partis orthodoxes qu'aucune loi sur la conscription ne serait adoptée avant les élections, faute de majorité à la Knesset. Le Premier ministre avait demandé à rencontrer Moshe Gafni, président de Degel HaTorah, mais celui-ci a refusé, envoyant à sa place le député Uri Maklev, à qui le message a été transmis : il n'y aura pas de loi avant le scrutin.
La colère est d'autant plus forte que, pour les rabbins, accepter même le principe d'un texte encadrant la conscription constituait déjà une concession idéologique majeure. Sans adoption rapide de la loi, les orthodoxes estiment n'avoir plus de raison de maintenir la coalition. Un responsable de Degel HaTorah a résumé l'ambiance par une formule sèche : « La fête est terminée ».
Shas tente, de son côté, d'afficher une coordination avec Judaïsme unifié de la Torah, affirmant qu'une décision sur la dissolution de la Knesset serait prise conjointement avec Degel HaTorah et Netanyahou. Mais au sein de la coalition, certains accusent déjà les orthodoxes de servir indirectement les intérêts de la conseillère juridique du gouvernement en menaçant de faire tomber l'exécutif.
Même si les partis haredim déposaient rapidement une proposition de dissolution, le Likoud conserverait une capacité de ralentir le calendrier parlementaire. L'enjeu est désormais électoral : si la Knesset n'est pas dissoute d'ici la fin du mois, des élections début septembre deviendraient difficiles à organiser. Netanyahou se retrouve ainsi pris entre son alliance historique avec les orthodoxes et l'impossibilité politique de faire adopter une loi devenue hautement impopulaire.
Dans la foulée, Yesh Atid a déposé une proposition de loi visant à dissoudre la Knesset, accentuant la pression sur une coalition déjà fragilisée.







