1 Les craintes de marée noire se concrétisent
Frappes sur des pétroliers, bombardements de sites de production… La menace d’une marée noire plane depuis des semaines au Moyen-Orient et, il y a quelques jours, une nappe de pétrole a été détectée dans le golfe Persique, au large de l’île de Kharg, principal terminal pétrolier d’Iran, selon des images satellites diffusées par l’observatoire Ceobs (Conflict and environment observatory). D’après cet organisme basé au Royaume-Uni, il s’agit d’une des plus vastes concentrations de pétrole repérées dans la région depuis le début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, le 28 février dernier.
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2 Une pollution atmosphérique
Cibler des infrastructures énergétiques fait partie des stratégies des belligérants, dans le but d’affaiblir l’économie du pays ennemi, mais aussi de diminuer la résilience des populations et la stabilité politique des États, comme l’analysent nos confrères de Reporterre, dans un article du 10 mars. Mais cela n’est pas sans conséquence sur l’environnement. Un des exemples les plus marquants est l’attaque de l’armée israélienne sur une trentaine de sites pétroliers iraniens, dont quatre dépôts majeurs et une raffinerie à proximité de Téhéran, le 8 mars. Résultat : un panache de fumée noire et des pluies acides, chargées en benzène, formaldéhyde, hydrocarbures aromatiques polycycliques et autres particules fines. La population a été exposée à cette pollution atmosphérique, avec des répercussions, à court terme, sur la santé des voies respiratoires et cardiovasculaires et, en cas d’exposition prolongée, une augmentation des risques de cancer, ainsi que de certains troubles neurologiques.
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3 Des sols et des eaux contaminés par les débris militaires et urbains
Selon un article publié par l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), le 13 mars 2026, les explosions de munitions et les débris militaires sont responsables de la contamination des sols, à cause des métaux lourds qu’ils peuvent contenir tels que le plomb, le cadmium, le nickel. Il en est de même pour les constructions urbaines détruites, potentielles sources d’amiante, de produits chimiques industriels, etc.
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4 Une hausse des gaz à effet de serre
Ce conflit a aussi des conséquences environnementales indirectes, comme l’explique l’article de Reporterre : des trajectoires de vols et des routes maritimes plus longues pour contourner la zone du conflit, une augmentation de la production de pétrole pour contrebalancer la flambée des prix ainsi que de plus grandes quantités de CO2 émises. En 2022 déjà, un rapport publié par le Ceobs et les Scientists for Global Responsibility (SGR) établissait que les armées du monde et leurs chaînes d’approvisionnement sont responsables d’environ 5,5 % des émissions mondiales totales de gaz à effet de serre. Plus récemment, une analyse du Climate and community institute, relayée par The Guardian, révèle que la guerre en Iran aurait déjà généré plus de 5 millions de tonnes de CO2 en seulement deux semaines, début mars, ce qui est supérieur à la totalité des émissions de l’Islande en 2024. Des données qui ne feront que grimper à mesure que le conflit se prolonge.




