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The Fluids, a new queer cabaret in Bordeaux, is preparing its premiere in music

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Les Fluides, donc. Derrière cette appellation évocatrice affleure une première image : celle des fluides corporels sécrétés… « Ils sont aussi une figure de nos genres », précise l’artiste. Une manière de détourner, non sans ironie, l’héritage d’Aristote, qui opposait la semence au sang, et assignait au corps féminin l’alchimie de nourrir. Ici, les fluides débordent, échappent à la binarité. Un nom comme un pied de nez au patriarcat, mais aussi une évocation des éléments, ceux qui refusent de se laisser contenir. « Les fluides sont partout, les queers aussi. »

« Ode à la transformation »

Au Bien public, Crabe Alamer sera aux côtés de Bichon, un binôme qui fait vivre chaque mois sa Draglipette au Galipette Bar, entre audace et exubérance. Avec les Fluides Cabaret, dont les artistes assurent également la mise en scène, le spectacle se veut être « une ode à la transformation ».

“Orlane Dubiez”

« Dans ce cabaret, la notion d’individualité est essentielle : chaque artiste développe son univers. Mais nous tenons aussi à préserver un esprit de troupe », insiste Crabe Alamer, aussi à l’aise avec une aiguille qu’au piano, capable de passer des vocalises à un salto vertigineux perché sur ses talons. Pour cette première édition, lui et Bichon ont invité des artistes drags de Bordeaux, leur fief, parmi lesquelles les « fabuleureuses » MofwazÉe, Bendyxxx et Hugue, ainsi que Vincent Gestermann, pianiste et violoniste venu de Paris.

“Une association”

Derrière Les Fluides se cache une association loi 1901 qui a vu le jour en décembre 2025. « Elle a été créée pour porter le projet, mais aussi pour d’autres événements ponctuels qui promeuvent l’art queer et le cabaret », précise Crabe Alamer. À sa tête, Allégrah Dine Moreira, « passionnée de spectacles vivants mais aussi DJ amateur ». Elle est épaulée par Adèle Durand, chargée de la trésorerie, artiste plasticienne qui signe la scénographie des Fluides.

Le lien entre les numéros et performances sera quant à lui assuré par un journal. « Il insuffle un rythme et apporte une réflexion psychologique », précise-t-il. Les deux artistes bordelais revendiquent en effet l’influence des cabarets parisiens les plus impertinents et des figures comme Charly Voodoo, Maud Amour Leone ou Patachtouille. Un héritage qu’ils s’approprient avec un univers bien à eux, animé par une même ambition : éveiller les consciences, illuminer les regards, émouvoir.