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The impatience of the European Union grows towards Israel, but not (yet?) to the point of suspending the association agreement.

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Un débat qui reprend

Si l’Espagne est l’un des États membres les plus critiques envers les politiques du gouvernement de Benjamin Netanyahou, elle n’est pas isolée dans ses demandes d’une action européenne. L’Irlande et la Slovénie se sont associées à elle pour demander, dans une lettre adressée vendredi à la Commission européenne, que la question de l’accord d’association soit discutée lors de la réunion de mardi.

“C’est un débat qui reprend”, fait observer une source diplomatique. En mai 2025, dix-sept États membres, dont la Belgique, avaient pressé la Commission d’évaluer le respect par Israël de l’article 2 de l’accord d’association. Présenté en juin, son rapport faisait état “d’indications” de violation par Israël de ses obligations au regard des droits de l’homme. En septembre, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait proposé aux Vingt-sept de suspendre le volet commercial de l’accord d’association. Ce ne serait pas rien : l’UE est le premier partenaire commercial d’Israël et les échanges entre les deux parties pesaient 42,6 milliards d’euros en 2024.

Le compte n’y était pas pour atteindre la majorité qualifiée (au moins 55 % des États membres regroupant au moins 65 % de la population de l’UE) nécessaire pour aboutir à cette suspension, en raison des fortes réticences ou de la franche opposition de plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Italie, la Grèce et la Hongrie. Puis, suite à l’accord de paix pour Gaza, conclu fin septembre 2025 sous l’égide du président américain Donald Trump, l’UE avait décidé d’évaluer l’évolution de la situation.

Dégradation

Or, celle-ci n’est pas bonne. Le plan de paix pour Gaza est moribond ; Israël poursuit la colonisation rampante, et illégale, de la Cisjordanie, où des colons violents commettent des exactions contre les Palestiniens. Jusqu’ici, la Hongrie bloque le plan européen de sanctionner des colons violents et les ministres israéliens d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Belazel Smotrich.

En plus de s’inscrire en dehors du cadre du droit international, l’action militaire menée par Israël au Liban contre la milice chiite du Hezbollah – appendice du conflit ouvert par Tel Aviv contre l’Iran – est jugée disproportionnée par les Européens. “Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre, mais le droit d’Israël ne justifie pas d’infliger de telles destructions”, grondait la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, sur les réseaux sociaux, le 9 avril. “Les frappes israéliennes ont tué des centaines de personnes la nuit dernière, rendant difficile d’argumenter que des actions aussi brutales relèvent de la légitime défense”, avait ajouté l’Estonienne.

Enfin, l’adoption par le Parlement israélien, fin mars, d’un projet de loi établissant la peine de mort pour les “terroristes” victimes d’attaques meurtrières a été vivement condamnée par l’Union européenne. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot (Les Engagés), est de ceux qui ont dénoncé “une grave régression”.

Pression de la société civile

Difficile de penser que les Européens sont prêts à suspendre l’accord d’association avec Israël, il y a un pas, et un fameux. Même si la question sera abordée lors du Conseil Affaires étrangères, il est très incertain que les Vingt-sept procéderont à un vote sur le sujet. “Nous verrons jusqu’où ira la discussion”, avance prudemment un autre diplomate. Berlin et Rome n’ont pas donné d’indice d’un changement de position – même si, sur le réseau X, le chancelier Merz s’est opposé “à une annexion de facto de la Cisjordanie” par Israël, et que le gouvernement de Giorgia Meloni a suspendu l’accord militaire entre l’Italie et Israël, après que le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a dénoncé les bombardements “inacceptables” sur le Liban.

On verra si les ministres européens sont sensibles à la pression croissante exercée par la société civile en faveur d’une réaction européenne. Lancée par l’Alliance de la Gauche européenne, une Initiative citoyenne réclamant la suspension de l’accord d’association, a recueilli plus d’un million de signatures dans les vingt-sept États membres.

Par ailleurs, outrés par le sort réservé par le gouvernement israélien aux droits des Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie, quelque 350 anciens ministres et diplomates européens, parmi lesquels l’ex-Haut représentant pour la politique étrangère de l’UE Josep Borrell, ont publié une tribune dans plusieurs médias, appelant l’UE à agir. Ils lui enjoignent de suspendre partiellement l’accord d’association, de mettre un terme au commerce avec les colonies illégales, au commerce de matériel militaire avec Israël et de suspendre sa participation aux programmes européens.