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Under pressure from the United States, Netanyahu agrees to negotiate with Lebanon

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Coup de théâtre sur la scène libanaise, notes L’Orient-Le Jour. Au lendemain d’une journée de frappes israéliennes meurtrières sur la capitale et à travers le pays, en parallèle des déclarations provenant de Tel-Aviv et de Washington selon lesquelles le Liban ne sera pas impliqué dans le cessez-le-feu et les négociations avec Téhéran, tout le paysage a été chamboulé”, écrit le titre libanais.

Car “jeudi en début de soirée, Israël a accepté d’entrer dans des négociations directes avec le Liban, et Beyrouth s’y prépare déjà”, assure le quotidien.

C’est un “petit espoir de désescalade”, veut croire Bloomberg. Le média économique confirme que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, “a accepté d’engager des pourparlers” avec le pays du Cèdre, alors que Donald Trump a assuré que le dirigeant israélien allait “réduire” l’intensité des frappes “sur ce pays éprouvé par la guerre”.

Jeudi, les Libanais comptaient encore les victimes dans les ruines du “mercredi noir”, dont le dernier bilan est de plus de 300 morts et 1,150 blessés.

“Profil bas”

“La proposition de négociations directes n’est pas nouvelle”, remarque néanmoins El País. “Elle avait été formulée par le gouvernement de Beyrouth – le plus déterminé à désarmer le Hezbollah, dont il avait interdit les actions militaires il y a un mois quand [le groupe armé] avait repris ses attaques contre Israël en soutien à l’Iran.”

Mais “Netanyahou n’avait même pas répondu”, rappelle le quotidien espagnol. “Le Premier ministre explique désormais sa volonté d’engager de telles discussions” comme une réponse aux “demandes répétées du Liban”.

En réalité, c’est “aux demandes de Trump” que s’est plié M. Netanyahou, assure le New York Post. Le président américain, craignant que les actions de l’État hébreu au Liban ne sabotent les discussions prévues ce week-end avec l’Iran, a pris son téléphone mercredi pour exiger du dirigeant israélien qu’il fasse preuve de retenue.

Le locataire de la Maison-Blanche a confirmé jeudi la teneur de sa conversation avec son allié israélien dans un entretien à NBC News, affirmant que l’État hébreu allait “réduire l’ampleur” de ses opérations au Liban.

“J’ai parlé avec Bibi, et il va faire profil bas. Je pense simplement que nous devons nous montrer un peu plus discrets”, a déclaré M. Trump. Le vice-président américain, J. D. Vance, s’adressant à des journalistes en Hongrie mercredi, a tenu un discours similaire.

Pourparlers “historiques”

Un haut responsable israélien a confié à Axios que “les négociations directes entre Israël et le Liban débuteront la semaine prochaine”. La première réunion aura lieu au département d’État, à Washington, et la délégation américaine sera dirigée par l’ambassadeur au Liban, Michel Issa.

“Israël sera représenté par son ambassadeur à Washington, Yechiel Leiter” et “la partie libanaise sera représentée par son ambassadrice à Washington, Nada Hamadeh Moawad”, précise cette source.

Selon la partie israélienne, les pourparlers “se concentreront sur le désarmement du Hezbollah et l’établissement de relations pacifiques entre Israël et le Liban”. L’objectif est “historique” en soi, souligne El País, alors que les deux pays n’ont “jamais eu de relations diplomatiques” depuis la naissance de l’État hébreu, en 1948, et sont techniquement toujours en guerre depuis cette date.

Mais il reste plusieurs obstacles aux pourparlers : l’opposition du Hezbollah, qui a rejeté jeudi toute négociation directe entre le Liban et Israël et appelé au “retrait israélien” du sud du pays, mais surtout le refus de M. Netanyahou d’instaurer un cessez-le-feu au Liban, pourtant posé par le pays du Cèdre comme une condition préalable à toute discussion.

“Pas de cessez-le-feu”

Selon The Times of Israel, dans un message adressé jeudi aux habitants du nord d’Israël, le Premier ministre israélien a martelé qu’“il n’y a pas de cessez-le-feu au Liban”, que Tsahal “continuait de frapper le Hezbollah avec une grande force” et qu’il “ne s’arrêterait pas” tant que la sécurité ne serait pas rétablie.

Alliant le geste à la parole, l’armée israélienne a annoncé dans la soirée avoir commencé à frapper des “sites de tir” du Hezbollah en territoire libanais.

Mais un responsable libanais a déclaré à Ha’Aretz que Beyrouth ne peut “accepter d’engager des négociations avec Israël tant que les attaques se poursuivent”. Selon lui, “la tenue de pourparlers dans de telles conditions risquerait de porter gravement atteinte à la légitimité du gouvernement auprès de la population, sachant que l’opinion publique soutient largement l’arrêt des combats et le retour des personnes déplacées dans leurs foyers”.

“Tout en reconnaissant que l’acceptation d’ouvrir des négociations constitue une étape importante, le responsable a souligné que la condition centrale et essentielle à tout progrès demeure le cessez-le-feu”, poursuit le titre israélien. “Sans celui-ci, aucune solution politique ne saurait émerger.”