Home World Iran

Iran

8
0

Maneli Mirkhan sur les négociations entre Israël et le Liban et les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran

Maneli Mirkhan, conseillère en politique étrangère et cofondatrice de l’association indépendante Dorna, est l’invitée actu sur franceinfo, vendredi 10 avril. Elle revient sur les futures négociations entre Israël et le Liban ainsi que les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran attendus au Pakistan.


Djamel Mazi : D’abord, ces négociations, on l’a appris jeudi 9 avril, entre Israël et le Liban qui auront lieu à Washington la semaine prochaine. Benyamin Netanyahou, lui, appelle à des négociations directes avec le Liban. Comment faut-il le comprendre ? C’est quoi ? C’est pour essayer de calmer les choses ?

Maneli Mirkhan : C’est pour essayer de dissocier les deux dossiers. Ça a été la volonté des Américains et des Israéliens de dissocier la question du Hezbollah de la question du cessez-le-feu avec le régime iranien. D’un autre côté, on voit aussi l’importance car les Iraniens veulent justement rassembler les deux dossiers et la première condition d’un cessez-le-feu durable, soit l’arrêt des frappes sur le Liban. Donc, on voit bien que c’est un sujet sensible pour les deux parties.

Je pense que c’est une bonne voie que de dissocier les deux, parce que, effectivement, le bras armé des Iraniens contre Israël a toujours été le Hezbollah, et la question iranienne ne peut pas être traitée si le sujet du Hezbollah s’en mêle. Donc, c’est une bonne chose que de dissocier les deux.

Anthony Bellanger : (…) C’est clairement une victoire en fait en trompe-l’œil de l’Iran. C’est-à-dire que l’Iran, depuis deux jours, insistait justement pour que le cessez-le-feu puisse inclure le Liban. Benyamin Netanyahou, visiblement, a dû parler avec Donald Trump. Ça a chauffé entre les deux capitales. Il a finalement reculé et ouvert des négociations avec le Hezbollah. Il a probablement donc décidé de tendre la main, bizarrement, et demander des discussions directes. Ça ne s’était jamais vu entre le Liban et Israël.

Le deuxième point qui me semble très important, ce sont les négociations qui vont débuter à Islamabad, au Pakistan. Peut-être qu’on reviendra tout à l’heure sur le rôle du Pakistan dans cette affaire. Ce que j’essaie de comprendre, c’est que tous les observateurs un peu près dans le monde disent que c’est l’Iran qui a la main. C’est l’Iran qui l’a obtenu. Est-ce que vous pensez vraiment que l’Iran peut obtenir beaucoup de choses de ces négociations ?

Je pense que l’Iran a la main depuis que le dossier du détroit d’Ormuz a fait surface dans cette guerre. L’Iran n’aurait pas été dans la même configuration si le détroit n’avait pas été bloqué et s’il n’avait pas montré au monde qu’il a utilisé le détroit d’Ormuz comme une arme économique.

Aujourd’hui, de mon point de vue, le dossier nucléaire iranien et le dossier du détroit d’Ormuz sont sur le même plan, car les deux ont vocation à être une arme dissuasive de protection de l’Iran. Donc maintenant qu’il peut utiliser le dossier du détroit d’Ormuz pour négocier un peu le reste, effectivement, il a un positionnement très fort.