Les sorties ciné depuis le 25 mars
Ceux qui comptent
Pierre Lottin multicarte
Rares sont les acteurs qui savent naviguer entre les registres. Pierre Lottin aurait pu se contenter de la rente que lui a offert Les Tuche. Peu à peu, sa carrière s’est élargie à des rôles plus complexes – chez François Ozon (L’Etranger, qui lui a valu le César du meilleur acteur dans un second rôle) ou Emmanuel Courcol (En fanfare). Avec Ceux qui comptent, dans la peau d’un sans-abri, il démontre à nouveau son talent. Son personnage au vernis taciturne, bougon, mais tout en humanité, fait de lui un successeur idéal de Gabin. Sa partenaire, Sandrine Kiberlain, est l’invitée de notre Grand entretien.
Quels films sortent au cinéma en avril 2026? Les films à l’affiche depuis le 1er avril
Compostelle, de Yann Samuell
Adam, mineur délinquant, a le choix: partir en prison ou accepter une marche de rupture en faisant le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Un périple qui va autant transformer l’écorché vif que son accompagnatrice, une professeure, elle aussi en crise. Evitant les ressorts d’une comédie basique ou l’allégorie facile du voyage intérieur, Compostelle tisse avec sensibilité un double processus de reconstruction. Alexandra Lamy et Julien Le Berre (photo) se renvoient la balle pour former un duo très crédible.
Nuestra Tierra, de Lucrecia Martel
En 2009, des hommes au service de grands propriétaires argentins tentent d’expulser une communauté autochtone de leurs terres. Son chef, Javier Chocobar, y perdra la vie. Neuf ans plus tard un procès démarre. A partir d’images d’archives et du tribunal, Lucrecia Martel donne à ce dossier une portée universelle: celle des luttes indigènes contre le colonialisme. Ode à cette résistance de longue haleine, alerte sur une justice au service des puissants, ce documentaire prend de la hauteur pour désigner les dégâts d’un système persistant.
Plus fort que moi, de Kirk Jones
Le syndrome de Gilles de la Tourette est une maladie très singulière. Ce dysfonctionnement neurologique amène ceux qui en sont atteints à proférer les jurons les plus salaces ou les pensées les plus désinhibées tout en ayant des tics. A la souffrance physique s’ajoute le poids d’une honte des paroles prononcées. John Davidson, un Écossais touché par ce syndrome depuis l’adolescence, en est devenu l’un des meilleurs spécialistes. A travers ce parcours, Plus fort que moi recense à la fois les privations sociales et affectives d’une telle vie et plaide pour une meilleure compréhension et acceptation de ces malades. Fuyant le misérabilisme, ce biopic énergique renoue avec un cinéma britannique social, franc et tendre.
Les sorties dans les salles au cinéma le mercredi 8 avril
L’Enfant du désert, de Gilles de Maistre
Une adolescente rencontre le succès avec un livre évoquant l’aventure d’un bébé touareg perdu dans le désert et adopté par des autruches, histoire que lui racontait son grand-père. Invitée dans une tribu du Sahara, elle découvre que ce récit est bien vrai et se laisse narrer la suite avec délices. Un très beau film que l’on peut savourer avec des enfants à partir de 8-10 ans.




